Santa Croce et la victoire de Constantin contre Maxence - Le petit palais des sports - Le Ponte de la Musica

 

Rome Flaminio Centre sportif 1

Par la via Guido Reni, il est possible de rejoindre directement le petit Palais des sports et le Parc de la musique. C’est l’occasion de passer devant l’église Santa-Croce dont l’architecture 1900, néo-romane romain, n’offre aucun intérêt. Mais, elle marque un lieu historique important où, selon la tradition, l’empereur Constantin a fait sonner les trompettes pour annoncer la fin des persécutions contre les Chrétiens.

Au Nord de cette boucle du Tibre s’est livrée une bataille décisive, le 28 octobre 326, entre les troupes de Constantin et de Maxence dans une de ces nombreuses guerres de succession pour l’accès au trône de César. Les historiens chrétiens affirment que Constantin aurait eu une vision, dans la nuit du 27, avec l’apparition d’une croix accompagnée d’une voix lui disant (en grec) « Par ce signe, tu vaincras ». Il aurait (ce qui n’est pas prouvé) alors fait apposer une croix sur les boucliers de ses légionnaires et engagé la bataille. Alors que Maxence se repliait vers Rome en traversant un pont mobile de bateaux, ses ingénieurs pris de panique sectionnèrent les attaches de celui-ci. Maxence et plusieurs centaines de ses soldats se noyèrent.

L’attribution des XVIIe Jeux Olympiques d’été, en 1960, à la ville de Rome fut l’occasion de nouvelles transformations urbaines pour le quartier où s’édifièrent le village olympique, pour loger les athlètes, et des infrastructures sportives comme le Petit Palais des Sports pour accueillir les disciplines du basket et de la boxe, le stade Flaminio pour le foot et, de l’autre côté du Tibre, le stade olympique pour l’athlétisme. Le bâtiment le plus extraordinaire est le palazetto dello sport de Pier Luigi Nervi assisté de l'architecte autrichien Annibal Vitellozzi. Nervi n’est pas inconnu des Parisiens puisqu’il est un des trois architectes, avec Zehrfuss et Breuer,du Palais de l’UNESCO.

Le petit palais des sports a été conçu pour des compétitions sportives en salle, de moyenne ampleur, avec une capacité de 4 000 places assises qui peut être portée à 5 000 pour les matchs de boxe ou de catch.

C’est un bâtiment circulaire, coiffé d’un dôme aplati, en voûte mince (25 mm), composé de 1 620 éléments préfabriqués en béton armé et supporté par 36 poutres en forme de Y disposées tout autour du dôme et inclinées de façon tangentielle pour supporter les poussées axiales. Pour éviter les déformations, elles traversent une seule et unique poutre circulaire en béton armé qui ceint la base du dôme. Avec ce dispositif, le dôme central est surbaissé, trois fois plus large (60 mètres) que haut. Mais cela permet aussi d’avoir un ruban continu de fenêtres sous le dôme puisqu’elles ne sont pas situées dans un mur porteur. La finesse des poutres en Y et l’éclairage naturel circulaire permettent à la lumière d’entrer largement mais aussi de donner l’impression, à l’intérieur, que le dôme flotte au dessus des baies vitrées.

A l’intérieur (qui ne se visite pas, sauf à être spectateur ou acteur d’une compétition sportive), le dôme est composé de losanges, formant de longues nervures diagonales jouant avec la lumière naturelle. Le dôme surbaissé, sa surface interne en relief, le tout complété par un oculus central bien que couvert, renvoient bien évidemment à la référence du Panthéon soulignant ainsi la continuité des références culturelles et artistiques.

Si, au lieu de tourner à gauche en sortant du MAXXI, nous étions allé à droite dans la via Guido Reni, nous aurions alors pu admirer le dernier pont de Rome : le ponte Della Musica, inauguré le 31 mai dernier. Ce pont, piétonnier mais aussi pour les transports en commun, permet de relier le stade olympique, sur la rive Ouest du Monte Mario, au quartier Flaminio au sommet du trident formé par la viale Pinturicchio, la via Guido Reni et la viale del Vignola. C’est l’œuvre du cabinet Powell-Williams spécialiste des ponts.

Long de 200 mètres, le tablier du pont est soutenu par deux arches en acier, inclinées vers l’extérieur. Cette solution permet tout à la fois de dégager trois voies sur le pont, une centrale pour les véhicules, et deux latérales pour les piétons et cyclistes, mais aussi de donner une image de très grande légèreté en libérant totalement le lit du fleuve et en limitant la hauteur des arcs. L’image du pont renvoie ainsi à celle du pallazeto dello sport à la fois par sa ligne très tendue, très basse, mais aussi par sa coloration blanche. Les deux monuments, à chaque extrémité de la via Guido Reni, dialoguent ainsi entre eux.

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