Trois palais ferment la place, le palais du Sénateur, le palais des conservateurs et le palais neuf - Une galerie d'oeuvres d'art abritant notamment deux Caravage

 

Rome Campitelli Palais des Conservateurs

En haut de l’escalier, en face, le Palais du Sénateur, siège de la Mairie de Rome. Construit aux XIIe et XIIIe siècles sur les ruines de l’ancien Tabularium (dépôt des archives d'Etat au temps de la Rome républicaine), il était le siège du Sénateur, responsable de l’administration et de la justice de la ville de Rome. A la naissance de la commune de Rome par le « Renavio senatus » de 1143 / 1144, son siège s’est installé symboliquement sur le Capitole. Le bâtiment d’origine, de style roman, était composé d’une série de galeries en arcs en plein cintre, sur trois niveaux, dominé par une tour crénelée du XVe siècle.

Michel-Ange proposera la restructuration de la façade, notamment avec l’escalier droit, à double rampe, qui permet tout à la fois d’accéder à la salle principale, de relier la place et le palais, et d’animer la haute façade. Giacomo della Porta, sur les dessins de Michel Ange, transformera le vieux palais roman en un palais Renaissance, avec la fermeture des arcades, la réalisation de pilastres colossaux de style corinthien supportant une corniche décorée d’une colonnade et de statues. L’ancienne tour, enfin, a été remplacée par un campanile entre 1578 et 1582.

A droite, le Palais des Conservateurs, siège de la magistrature élective qui avait la charge d’administrer la ville. Le Palais d’origine datait de la moitié du XVe siècle, et comportait des arcades au rez-de-chaussée, des fenêtres à meneaux à l’étage noble et une file de petites fenêtres à l’entresol. Michel-Ange en a redessiné la façade en la scandant de pilastres colossaux réunissant les deux étages du bâtiment, de style corinthien, posés sur de hauts piédestaux. Le rez-de-chaussée est composé d’arcades à entablement droit, reposant sur des colonnes. A l’étage supérieur, une série de hautes fenêtres, encadrées de pilastres et couronnées de frontons arqués. Seule la fenêtre centrale est plus large, couronnée d’un fronton triangulaire.

A l’intérieur, le Palais des Conservateurs abrite un remarquable musée, dont les collections ont été initiées dès 1471 par Sixte IV della Rovere ! Les œuvres qu’il renferme sont nombreuses et des plus riches, le « tireur d’épine », les fresques du Chevalier d’Arpin, la « Louve du Capitole »… Bon, mais cette fois-ci je suis surtout venu pour deux Caravage : « La bonne aventure » (1595) et « Saint-Jean-Baptiste » (1602).

Le premier, « La bonne aventure », est une scène de genre dans laquelle une bohémienne lit l’avenir à un jeune élégant et en profite pour lui dérober discrètement sa bague. La scène sera reprise dans un second tableau du Caravage, en 1597, actuellement visible au Louvre. Le cadrage de la scène est serré, avec des personnages coupés à mi-corps, et un fond clair, uni et neutre, contrairement à ses compositions ultérieures plus sombres. Malgré le travail important sur les mains : le jeune homme tend une main à la bohémienne qui la saisit de la main gauche et dessine sa ligne de vie de la droite… profitant ainsi de la situation pour lui dérober sa bague, nul maniérisme, mais une scène simple. Il est curieux de comparer les deux tableaux du Caravage sur le même thème, car dans l’un (celui de Rome) il semble s’être plus attaché à la représentation de la figure de la bohémienne alors que dans l’autre, celui du Louvre, c’est le visage du jeune homme qui parait le plus travaillé, ou le plus mis en lumière.

Le second tableau, « Saint-Jean-Baptiste », est une représentation plutôt curieuse du jeune saint. Les emblèmes traditionnels du Saint sont absents de la scène : le vêtement fait d'une peau de bête, l’agneau et la croix sur laquelle est placé un rouleau comportant les mots « Ecce Agnus Dei ». Au contraire, l’érotisme qui se dégage du corps nu du jeune garçon jouant avec un bouc est plutôt troublant. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on n’imaginait pas ainsi le compagnon du Christ dont on dit qu’il a mené une vie d'ascèse dans le désert, se nourrissant frugalement de « sauterelles et de miel sauvage » ! Il a plutôt l’air d’un très jeune homme ayant envie de s’amuser, en se prêtant notamment à des jeux érotiques !

Mais comment se contenter d’admirer deux peintures seulement dans ce très riche et plus vieux musée du monde ? Bien évidemment, au passage, je m’attarde devant quelques autres œuvres parmi d’autres, le buste de Méduse ou la statue équestre de Marc-Aurèle…

Liste des promenades dans Rome et liste des promenades autour du Capitole

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