La Porte Saint-Paul, celle des invasions barabares ! - Le monument funéraire de Caïus Celtius

 

Rome Aventin Porta San Paolo

C’est donc par la Porta Paola qu’Hitler pénétra dans Rome. Mais, Mussolini avait-il bien réfléchi quand il choisit ce parcours ? En effet, c’est aussi par cette porte que Totila, le chef d’une des hordes barbares, les Ostrogoths, entra dans Rome en 549 ! C’était vraiment tenter le diable.

Mais revenons à Totila, c’est une histoire compliquée. Les Goths, Ostrogoths, Francs et autres Vandales s’étaient précipités sur l’Italie comme la misère sur le pauvre monde. L’empereur byzantin Justinien avait décidé de récupérer ses positions italiennes en envoyant des troupes commandées par le fameux général Bélisaire.

Après, une série de victoires, Bélisaire s’était retrouvé assiégé dans Rome en 537 / 538. Avec le renfort de troupes byzantines, il accumule de nouvelles victoires, mais un peu trop pour Justinien qui l’envoie combattre les Perses, puis le rappelle en Italie pour reprendre Rome tombée finalement aux mains des Goths en 546, puis le renvoie contre les Bulgares, ce qui permet à Totila de reprendre la ville en 549… qu’il reperdit en 551 !

Ajoutez à cela le sac de Rome en 1527 par les troupes de Charles Quint, l’utilisation des monuments romains comme carrière de pierres pour les églises et palais des grandes familles romaines et des évêques et cela explique largement pourquoi il y a tant de ruines dans cette ville !

La porte Saint-Paul s’appelait autrefois « Ostiensis Porta » car elle est située sur la via Ostiense qui relie Rome à son port, Ostie. Elle a été ensuite rebaptisée parce que la via Ostiense conduit désormais à la Basilique Saint-Paul-hors-les-murs. Elle est intéressante pour son système défensif qui est demeuré quasiment intact. La porte est flanquée de deux tours cylindriques, reliées par une galerie au-dessus de la porte.

C’est à côté de la porte Saint-Paul que se trouve « LA » pyramide de Rome, en fait le monument funéraire de Caïus Cestius. Il était préteur, tribun du peuple et « Septemvir epulonum », c'est-à-dire membre d'un collège de prêtres qui organisait les festins dans le cadre du culte. La pyramide a été construite en 12 av J.C, dans une période où l’Egypte était « très mode » à Rome avec érection d’obélisques et de sphinx, par suite de sa conquête en 30 av J.C. Le frère de Caïus Cestius était un édile de Rome. Il a notamment fait relier l'île Tiberine à la rive droite du fleuve par un pont qui porte toujours son nom, le « Ponte Cestio ».

La pyramide, 36,4 mètres de haut pour une base de 29,5 mètres de côté, peut toujours se visiter, sur réservation, pour y admirer la salle mortuaire de 4 mètres sur 6 avec une voûte en berceau. Au moyen-âge, les pilleurs y creusèrent des galeries pour chercher des trésors et par la suite, les visiteurs de Rome apposèrent leurs graffitis en signe de leur passage. Il resterait néanmoins quelques peintures à fresque intéressantes.

« Nous nous faisions une fête d’examiner ces fameuses petites peintures antiques du salon, connues sous le nom de figurine de Cestius. Mais, ma foi ! tout est effacé, on n’y discerne presque plus rien ; vous aurez plus de satisfaction à les voir dans les estampes qui ont été gravées avant que l’humidité du lieu, l’air extérieur qui s’y est introduit, la fumée des torches et autres accidents eussent achevé d’altérer l’ouvrage »[1].

A défaut de pouvoir graver ses initiales ou son nom dans la pyramide ce qui devient de plus en plus difficile, un riche japonais aurait décidé de consacrer un million d'euros à la restauration de la pyramide. D’après le quotidien « La Repubblica »[2], cet homme d’affaire d’Osaka, dans le domaine de la mode, aurait seulement souhaité que soit apposée une petite plaque avec le nom du donateur. La dernière restauration datait de 2002, mais il s’agirait cette fois de s’attaquer à la surface extérieure de la pyramide, très altérée par la pollution atmosphérique… à un carrefour particulièrement fréquenté !


[1] Président de Brosses. « Lettres d’Italie ». 1740.

[2] La Repubblica. 29 décembre 2011.