Après le MAXXI, le MACRo ! - Maires de Rome et politiques culturelles - La protestation de Riccardo Mutti

 

Rome Nomentano MACRo

Un des deux sites du Museo d'Arte Contemporanea di Roma (MACRo) est situé non loin de la Porta Pia, Via Niza n°138, le second est situé dans le Testaccio.

A Rome, les bâtiments contemporains intramuros sont rarissimes (l’Ara Pacis, la Biblioteca Hertziana, un immeuble mi-hôtel mi-parking au long de Termini, l’hôtel Radisson…). Mais la ville comble son retard avec des réalisations impressionnantes hors les murs, le Parc de la musique (2002), l’église du Jubilée (2003), le MAXXI (2010) et le Museo d'Arte Contemporanea di Roma.

Ce nouveau musée est, en réalité, l’héritier de la « Galleria Comunale d’Arte Moderna e Contemporanea » (Galerie municipale d'Art moderne et contemporain de Rome) fondée en 1925. Le projet consistait à utiliser le site désaffecté des anciennes brasseries Peroni pour en faire un lieu entièrement dédié à l’art contemporain le plus actuel. Les six premières salles étaient inaugurées en 2002, dans les locaux rénovés et abritant les collections permanentes du musée. Une extension était prévue sur le pâté de maison en conservant toutefois les murs extérieurs XIXe siècle de l’ancienne brasserie. Elle a été confiée à l’architecte française Odile Decq.

Si la structure externe a donc été conservée, l’intérieur a été totalement vidé, réaménagé, revisité. L’architecte a su montrer cette réappropriation d’une coquille ancienne, en conservant une impression de vide par un très bel éclairage zénithal et la création, au centre de la coquille, d’une grosse boite rouge, aux formes irrégulières, l’auditorium. Le visiteur est à la fois dedans et dehors… Cette impression est accentuée également par la configuration de l’entrée qui se fait dans un étroit jardin, entouré de hauts murs qui vous fait pénétrer dans la coquille… pour y être confronté à une impression d’espace, d’autant plus que des passerelles, des escaliers, traversent ce volume intérieur. Le tout est souligné par des couleurs franches, rouge, noir et blanc, en opposition sur des fonds gris. Enfin, l’ensemble est coiffé d’une terrasse, mini forum, au niveau des toits de la ville.

Tous les différents projets urbanistiques, architecturaux et culturels inaugurés à Rome ces dernières années ont été lancés sous les mandats de Francesco Rutelli (1993 / 2001) et Walter Veltroni (2001 / 2008). Le premier est lui-même fils d’architecte, arrière petit-fils du sculpteur auteur de la fontaine des « Naiadi » à la piazza dell'Esedra (aujourd'hui piazza della repubblica). Il était élu d’une coalition comprenant le Parti Démocrate de Gauche (l'ancien Parti Communiste Italien), les Verts et des indépendants du centre. Il a ensuite été nommé ministre des Biens culturels au sein du deuxième gouvernement Romano Prodi. Le second était journaliste à « L'Unità », ancien député du Parti Communiste Italien et ensuite du Parti des Démocrates de gauche, il a été ministre des Biens culturels dans le premier gouvernement Romano Prodi avant d’être maire de Rome. Dans l’un et l’autre cas, il s’agissait d’hommes préoccupés des questions d’art et de la culture.

A la surprise générale, Walter Veltroni a été battu, en 2008, par le candidat du « Peuple de la Liberté », le parti de Silvio Berlusconi, Gianni Alemano lequel n’est pas connu pour son intérêt pour la culture, et ex-secrétaire départemental du Front de la jeunesse du Mouvement Social Italien (MSI) ! Le 12 mars 2011, lors de la représentation donnée à l’opéra de Rome du « Nabucco » de Verdi à l’occasion du 150e anniversaire de la création de l’Italie, le chef d’orchestre, Riccardo Muti, fit exécuter un bis du fameux « Va pensiero », le chœur des esclaves opprimés, symbole en Italie de la liberté du peuple. Avant son exécution, en présence du chef du gouvernement Silvio Berlusconi, il souligna la situation catastrophique des biens culturels qui menace selon lui la liberté du pays.

Gianni Alemano a toutefois dénoncé les coupes dans le budget de la culture. De 7 milliards d'euros en 2008, le budget est passé à 5 en 2010 avec les conséquences que l’on sait sur la conservation des sites (notamment les effondrements à la Domus aurea à Rome et sur le site de Pompéi).

Liste des promenades dans Rome. et liste des articles sur le quartier Nomentano

Télécharger le document intégral.