Via del Babuino - Il Babuino - L'église Sant'Anastasio dei Greci - La boutique Fabriano

 

Rome Campo Marzio Babuino

A la sortie de la via Margutta, on remonte à gauche vers la place d’Espagne par la via del Babuino.

Auparavant, au XIVe siècle, c’était le lieu où le pape faisait pratiquer publiquement la torture du chevalet pour les délinquants. Le coupable était placé à califourchon sur un cheval de bois, au dos affûté, jambes pendantes, avec des poids fixés aux pieds, poids dont la masse était proportionnelle à l'infraction commise. Brrr… On ne manquait décidemment pas d‘imagination à l’époque, bien que la publication du manuel de tortures de la CIA pour les terroristes irakiens et afghans montre que certains n’en manquent pas non plus aujourd’hui.

La rue du « Babouin », créée à l'époque du pape Clément VII Médicis (1523 / 1534), appelée à l'origine via Clementia, changea de nom à cause de la présence de la fontaine dite du « Sileno », dénommée familièrement fontaine du Babouin (del Babuino) par les Romains. Dans la mythologie grecque, Silène est un satyre, vieillard jovial, père adoptif et précepteur de Dionysos. On ne s’étonnera donc pas qu’il personnifie l’ivresse. Ce silène était jugé aussi laid qu’un babouin, d’où son surnom. Il est d’autant plus disgracieux que le corps et la tête proviennent manifestement de deux origines différentes ! Précédemment, cette fontaine se trouvait via Margutta, puis, elle fut déménagée, vers 1738, dans une niche de la même rue, un peu plus loin. En 1877, la statue du Babuino gagna la cour du palazzo Cerasi, cependant que la vasque de granit fut transportée via Flaminia. En 1957, la fontaine fut recomposée, vasque, corps et tête, et placée devant l'église de Sant'Anastasio dei Greci. Le Babuino était une des statues parlantes de Rome. Ces dernières années, et contrairement à Pasquino qui continue à faire part de ses commentaires sur la vie politique romaine et italienne par des affichettes, Babuino s’exprimait plutôt par des graffitis apposés sur le mur situé derrière lui. Mais, aujourd’hui, tout est effacé, clean, propre, car le mur a été recouvert d’une peinture anti graffitis ! Comme quoi, les commentaires souvent irrespectueux des statues parlantes continuent encore d’indisposer les puissants ! Le jour où la dernière statue parlante de Rome se taira, je ne donne pas cher de la démocratie italienne !

Derrière le « Babuino », l’église Sant’Anastasio dei Greci de rite grec. Le pape Grégoire XIII, en 1573, proposa la fondation, à Rome, d’un collège grec pour la formation religieuse des catholiques de rite oriental, « jamais séparés de Rome et jamais unis à Rome » ! En 1580 était posée la première pierre de l’église-des-Grecs, sur un projet de Giacomo della Porta mais avec une façade de Martino Longhi il Vecchio. L’intérieur se particularise par l’existence de trois chœurs et la présence d’une iconostase, selon le rite byzantin. Le Chevalier d’Arpin peignit à fresque une Ascension de Marie et une crucifixion dans les absides droite et gauche. Le curé de cette église, Monseigneur Eleuterio Fortino, est issu d’une famille albanaise dont les ancêtres se sont installés en Italie avec 40 000 compatriotes qui avaient été chassés par les Turcs. Chargé des contacts avec les orthodoxes lors du Concile Vatican II, il est aujourd’hui responsable de l’office pour les relations avec les orthodoxes où il est reconnu pour son « oecuménisme ». Le pauvre doit avoir du pain sur la planche tant les derniers papes m’apparaissent avoir des positions rigides, voire sectaires, même si Benoît XVI semble être ouvert à de nouvelles possibilités d’échanges avec les orthodoxes … Je pourrais toujours dire que ce n’est pas mon affaire après tout, mais tout ce qui touche au dialogue entre les peuples me concerne aussi, même si cela touche à des questions de foi ou de liturgie qui ne sont pas ma tasse de thé !

Au 173, le spécialiste du papier pour aquarellistes, « Fabriano », s'est adapté à l’évolution de la clientèle composée certainement de moins d’artistes et de plus de touristes. Dans une boutique toute en longueur, derrière une façade modeste, il propose toute une gamme de papeterie, du bloc note au papier à lettre, en passant par les albums photos, ainsi que tous les accessoires indispensables pour sacrifier au culte de l’écriture : carnets, journaux intimes, stylos, articles de bureau en cuir… A ne manquer sous aucun prétexte pour la qualité des produits proposés et la richesse de l’imagination.

Dans son disque rendant hommage aux musiques du film de Dino Risi « Profume di donna » dont le compositeur est Armando Trovajoli, le pianiste Antonio Faraò propose le thème « La via dei Babuini » (la rue des babouins, au pluriel). C’est l’occasion de souligner la vigueur du jazz italien qui comprend aujourd’hui nombre d’interprètes de renom international, un jazz élégant, inventif, sensuel, tout en finesse et virtuosité méditerranéennes.

Liste des promenades dans Rome et liste des promenades Place d'Espagne

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