La place de la République - La via Cavour - La fontaine de Mario Rutelli - Les thermes de Dioclétien

 

Rome Castro pretorio Piazza Repubblica

La place de la République (ex piazza dell'Esedra) constitue une entrée monumentale dans Rome par la via Nazionale (ex via Mg De Mérode). Il s’agit d’une de ces grandes voies haussmanniennes développées dans le cadre du plan d’urbanisme de 1883 visant à faire d’une ville modeste la capitale d’un nouvel Etat, le Royaume d’Italie. L’architecture du quartier souligne d’ailleurs l’origine piémontaise de la royauté avec des rues droites, larges, de grandes places, des arcades, du granit gris…

« Via Cavour : la plus laide rue de Rome, s'il n’y avait la via Nazionale. S’il n’y avait la via Cavour et la via Nazionale, la plus laide rue de Rome serait la via Veneto. Il y a certainement d’autres rues plus laides à Rome mais je n’ai pas eu l’occasion de les emprunter. L’ennui avec la Cavour, la Nazionale et la Veneto, c’est qu’elles m’attendent au tournant comme de vieilles maîtresses : ‘Il faut que tu y passes, mon chéri’ »[1].

La place de la République a été aménagée sur l'endroit qui était destiné, par le pape Sixte V (1585 / 1590), à accueillir un lac artificiel pour alimenter un canal navigable relié à sa résidence, la villa Peretti Montalto ! Rien que cela. Lors de l’aménagement des quartiers de la gare de Termini, à la fin du XIXe (1887), l’architecte Gaetano Koch a eu l’intelligence de superposer les façades de ses bâtiments sur les fondations de l’exèdre qui fermait les thermes de Dioclétien et servait de lieu de spectacle et de théâtre. Les façades néoclassiques sont, là aussi, d’une architecture plus turinoise que romaine.

Au centre de l’hémicycle une imposante fontaine de Mario Rutelli a été édifiée en 1900, la fontaine des Naïades. Elle est composée d’une première vasque avec quatre nymphes, aux quatre points cardinaux, jouant avec des animaux aquatiques et, au centre, sur une seconde vasque, Glaucus, l'esprit marin, qui est aux prises avec un énorme poisson, symbolisant la lutte avec les forces de la nature. Cette dernière n'a toutefois été rajoutée qu'en 1911. La fontaine originale ne fut inaugurée qu’en 1901 à cause du scandale provoqué par la pose des nymphes. Bien évidemment nues, elles font corps avec des animaux symbolisant les différentes formes prises par l'eau : un cheval marin pour les océans, un serpent pour les fleuves, un cygne pour les lacs et un iguane pour les rivières souterraines… animaux sur lesquelles elles sont lascivement étendues. Aujourd’hui plus personne ne les remarque d’autant que, compte tenu de l’importance de la circulation automobile, le risque de se faire écraser vous rabat prudemment sur les trottoirs qui entourent la place.

Mais voyons ? Mario Rutelli ? Ce nom me semble contemporain... C’est que son petit-fils, Francesco, fut maire de Rome de 1993 à 2001 dans une coalition avec le Parti démocrate de Gauche (l'ancien PCI), puis il fut président de La Marguerite (un mouvement chrétien démocrate et social libéral) de 2002 à 2007. En 2008, suite à la démission de son successeur Walter Veltroni à la mairie de Rome, il a tenté de reconquérir son siège mais a été battu avec 46,3% des voix face au candidat du parti berlusconien « Peuple de la liberté », mais aussi ancien membre du mouvement des jeunes fascistes du MSI, Gianni Alemanno ! Celui qui a jeté Francesco Ernani, surintendant de l’Opéra.

Les thermes de Dioclétien furent le plus grand ensemble thermal jamais réalisé : ils pouvaient accueillir trois mille personnes. Le bâtiment central mesurait 250 m sur 180. L'ensemble formait un immense complexe de loisirs, ajoutant aux bains des salles d'exercice, un théâtre, des bibliothèques, des jardins, des péristyles. 40 000 personnes auraient participé à leur construction. Les thermes ont fonctionné jusqu'en 537 après J-C quand les Goths coupèrent l’aqueduc de l'Aqua Marcia. Les bâtiments furent alors utilisés comme hangars, écuries, mais surtout comme carrière de marbre. Mille ans plus tard, les moines de Sainte-Croix-de-Jérusalem obtinrent la cession des bâtiments restants avec l'accord du pape Pie IV (1563). Michel-Ange assura la transformation des ruines encore utilisables en église : Sainte-Marie-des-Anges.

A proximité des thermes de Dioclétien le Guide du Routard conseille la visite de l’Aula Ottagona, une immense rotonde de brique qui faisait partie des termes de Dioclétien, et qui abriterait quelques belles sculptures.