Le grand cloître dit « de Michel-Ange » - Le palais Massimo alle terme – Les peintures de fresques

 

Rome Castro Pretorio Termes de Dioclétien 2

Les thermes de Dioclétien ont subi de nombreuses modifications et aménagements : hangars, écuries, église, cloître, grenier à céréales, magasin à huile, mais surtout carrière de matériaux !

En 1889, un accord est trouvé entre le gouvernement et la municipalité de Rome pour que les thermes accueillent le Musée national romain créé pour conserver la collection archéologique la plus importante du monde, issue de collections privées et de découvertes récentes. Le grand cloître des Chartreux servait déjà depuis plusieurs années de magasin où l’on entreposait les antiquités. La collection est actuellement éclatée sur quatre sites : les thermes, le Palazzo Massimo, le Palazzo Altemps et la crypte Balbi.

Le grand cloître, qui aurait été imaginé par Michel-Ange, fut construit vers 1565. Ses arcades de 80 mètres de côté et composées, dit-on, de cent colonnes abritent stèles, sarcophages et statues antiques.

« Au milieu du cloître s’élèvent quatre cyprès Cet arbre noir et silencieux, que le vent même agite difficilement, n’introduit pas le mouvement dans ce séjour. Entre les cyprès, il ya une fontaine d’où sort un peu d’eau que l’on entend à peine, tant le jet en est faible et lent ; on dirait que c’est la clepsydre qui convient à cette solitude, où le temps fait si peu de bruit »[1].

Dans les arcades Nord-ouest, le long de la Piazza delle Finanze, subsiste la structure si particulière des cloîtres des Chartreux : huit petites maisonnettes avec leurs jardins dans la solitude desquelles les Chartreux dorment, mangent, travaillent, méditent et prient isolément. Les arcades du grand cloître assurent la circulation, à l'abri des intempéries, entre maisonnettes et vers les lieux communs, petit cloître, église, réfectoire, chapitre.

Le musée des thermes a connu une rénovation récente qui permet certes de voir des stèles funéraires, des sarcophages, mais surtout d’aborder quelques thèmes particuliers : la naissance de la civilisation du Latium, la naissance et la diffusion de l’écriture latine.

Une partie importante de la collection d’antiques a été installée dans le Palazzo Massimo alle Terme, un édifice quadrangulaire construit de 1883 à 1887 par l'architecte Camillo Pistrucci sur le modèle des palais Renaissance. Il est bâti sur l'emplacement de l'ancienne villa du cardinal Felice Peretti, futur Sixte Quint (1585 / 1590) passée ensuite à la famille Massimo, qui lui a donné son nom. A sa place, le jésuite Massimiliano Massimo a fait bâtir ce nouvel édifice, qui devint un établissement d'enseignement jésuite jusqu'en 1960. En 1981, l'État italien s’est porté acquéreur du bâtiment pour assurer l’exposition de ses collections.

J’avoue avoir été logé à de nombreuses reprises à proximité du Palazzo Massimo alle Terme et être passé mille fois devant… en l’ignorant superbement ! C’est que les copies architecturales fin XIXe, pseudo-grecques, pseudo-romaines, pseudo-byzantines, pseudo-romanes, pseudo-gothiques, pseudo-renaissance ou pseudo-n’importe-quoi dont cette fin de siècle s’est rendue coupable m’horripilent au plus haut point. Cette bourgeoisie de nouveaux riches manquait totalement de goût, bornant ses ambitions culturelles à l’imitation des siècles passés, ne sachant que rajouter de la surcharge décorative là où il n’y avait nul besoin.

Bref, j’avais tort, car si le coffret est des plus quelconques, son contenu est extraordinaire. Une perle dans une huitre ! Non seulement la muséographie est agréable mais les œuvres présentées sont de très grande qualité, notamment l’étage consacré aux peintures murales. Frustrés suite à notre visite à Pompeï où les principales villas étaient fermées et le site dans un état de dégradation scandaleux, nous pouvons ici bénéficier d’un ensemble de décorations des maisons de Livie et sous la villa de la Farnesina, dont les pièces d’habitation ont été reconstituées. Les motifs, les couleurs, les paysages ou les scènes représentées manifestent d’une grande inventivité et j’en viens à penser que les Romains étaient de bien meilleurs artistes-peintres que des sculpteurs un peu besogneux reproduisant à l’envie des œuvres grecques.