Sainte-Prassède - Les mosaïques de l'abside, la chapelle Saint-Xénon - L'arc de Galllien

 

Rome Monti Esquilino Sainte-Praxede

En contournant la basilique Sainte-Marie-Majeure, je constate que la mode ecclésiastique change cette année. Elle est manifestement à la robe qu’il s’agisse des religieuses (habituel !) ou de prêtres (ce qui était devenu moins courant). Je croise même un prêtre quinqua, cheveux poivre et sel, tout fringant dans sa soutane et qui a un air de fieffé séducteur à la Georges Clooney.

Pour visiter Sainte-Prassede (ou Praxède), il faut vraiment vouloir ! L’entrée se fait dans une petite rue parallèle à la via Merulana, non loin de Sainte-Marie-Majeure, par un petit portique médiéval sans prétention, lequel donne latéralement accès à la nef.

Santa Prassede fut construite sur commande du pape Adrien Ier en 780. Elle est élevée sur les ruines d'une structure plus ancienne du Ve siècle destinée à recueillir les restes des saintes Prassede et Pudentienne qui moururent en martyres. Elles étaient les filles de Saint-Pudens considéré comme le premier chrétien converti par saint Paul à Rome. La basilique a été agrandie et décorée d'importantes mosaïques par le pape Pascal Ier vers 822.

Bien que largement remaniée au fil du temps, la structure basilicale à trois nefs demeure avec ses 16 colonnes antiques et six pilastres. Le plus intéressant, ce sont les mosaïques de l’abside réalisées par des artistes byzantins au IXe siècle. Sur l’arc triomphal sont figurés la Jérusalem céleste, l’agneau de Dieu entouré des archanges, les sages de l’apocalypse. Dans l'abside, Saint-Pierre et Saint-Paul accueillent au ciel les sœurs Prassede et Pudentienne, vêtues comme des princesses de Byzance et les présentent au Christ.

Sur l'un des piliers du côté droit, une plaque commémore les 2 300 martyrs dont les reliques furent transférées des catacombes à la demande de Pascal Ier. L'église est décorée de fresques représentant la mort des martyrs ; chaque martyr dépeint est identifié par une inscription.

Pascal Ier a également fait construire la chapelle Saint-Zenon qui est l'une des rares constructions médiévales de Rome possédant une voûte complète. Des mosaïques byzantines recouvrent les murs et la voûte. Sur un fond d’or, le buste du Christ est placé au sommet de la voûte, dans une auréole de gloire à fond bleu, portée par quatre anges. La chapelle abrite le pilier de marbre sur lequel le Christ aurait été lié lors de la flagellation. La relique a été rapportée de Terre Sainte, en 1223, par Sainte-Hélène mère de l'empereur Constantin. Il apparaît assez peu probable qu'elle soit authentique d’autant qu’il en existerait d’autres exemplaires. L'église possède aussi deux autres reliques de la passion : un petit morceau du vêtement du Christ et un fragment de la Couronne d'épines… Il a dû se faire un formidable commerce de reliques sacrées pendant tout le Moyen-âge et certains ont dû trouver là motif à y faire fortune !

La basilique abrite également la tombe de l'évêque Giovanni Battista Santoni décorée par un buste qui constitue la première œuvre du Bernin.

En traversant la via Merulana, par la via San Vito, il est possible d’atteindre un des derniers monuments romains du quartier, l’Arc de Gallien. Il est modestement coincé entre une maison et une église. Encadré de deux pilastres corinthiens et construit en travertin, c’est l’unique souvenir de la porte Esquilana de l’enceinte romaine, construite en 262 après JC, et qui comportait alors trois ouvertures.

« Le coup d’œil de l’arc de Gallien, d’ordre corinthien très massif, à pilastres, (…) ne vous arrêteront qu’un moment »[1].

En 1818, on pouvait encore voir, au centre de l’arcade, un morceau de la chaîne où avaient été attachées les clefs de la porte de Salsichia de la ville de Viterbe après que les Romains conquirent cette ville lors des guerres continues que se livraient les deux villes dans les années 1200.