Le palais Brancacio - L'église San Martino ai Monti - La piazza San Martino - Les jardins de la Domus aurea

 

Rome Monti Esquilino Palazzo Brancaccio

En remontant la via Merulana, vers Sainte-Marie-Majeure vous longerez le palais Brancaccio. C’est un des derniers palais construits par les grandes familles patriciennes de Rome (1880). La princesse Mary Elisabeth Brancaccio, d’origine américaine, fit appel à l’architecte Gaetano Koch, auteur d’une trentaine de palais dans Rome et ayant participé à l’aménagement de la place de la Repubblica et à la construction du Vittoriano. Le palais est une copie massive et prétentieuse d’un palais florentin de la Renaissance avec son rez-de-chaussée et son premier étage à bossage.

Il abrite aujourd’hui les collections nationales d'art oriental. Si j’en crois le site internet un salon, décoré avec un mauvais goût somptueux, peut être loué pour des mariages ou des évènements. Le palais possède par contre un magnifique parc et un nymphée que l’on peut admirer facilement.

Par la via del Monte Oppio, vous verrez alors la façade baroque de San Martino ai Monti. Conçue par Pierre de Cortone, en 1650, elle est relativement sobre, deux niveaux séparés par un entablement en fort relief et surmontés d’un fronton. Verticalement, l’ensemble est compartimenté en trois parties par des pilastres. La porte est surmontée d’un fronton triangulaire brisé, et la fenêtre du premier niveau d’un fronton courbe brisé. L’intérieur est vaste et très chargé. Les colonnes corinthiennes séparant les trois nefs sont originaires de la première église des années 800.

Comme il est assez bonne heure, j’assiste à la préparation de l’office, ce qui me permet d’assister à l’arrivée d’un autel à roulettes ! En effet, l’existence d’une crypte sous le chœur, reste de l’église ancienne, en surélève fortement le sol par rapport à la nef. Pour accéder à la crypte, un escalier majestueux a été réalisé qui sépare le cœur de la nef. Pour éviter cette coupure physique entre l’officiant et les fidèles, le prêtre utilise cet autel à roulettes que l’on pousse dans la nef pour les offices et que l’on fait disparaître ensuite.

En longeant le côté droit de l’église, via Equizia, on remarque les deux tours qui se dressent Piazza San Martino ai Monti qui pourraient nous laisser croire que nous sommes à San Giminiano. Ce sont les tours des familles aristocratiques Capocci et Graziani, d’une trentaine de mètres chacune et toutes d’eux construites en réutilisant les pierres de travertin des termes de Trajan. Au Moyen-Age, Rome aurait compté jusqu'à trois cents tours, chaque famille noble tenant à signifier ainsi sa puissance dans les batailles entre quartiers de Rome. Par la gauche, par la petite via delle Sette Sale, on rejoint Saint-Pierre-aux-Liens.

De San Giminiano vous passez brutalement dans une zone quasi champêtre. A droite, ce sont des maisonnettes entourées de jardins et protégées par de hauts murs de pierre ou des entrepôts dont on se demande s’ils connaissent une quelconque activité. A gauche, c’est le parco Traianeo avec de beaux arbres, parc où se trouve les restes de la Domus Aurea (Maison de l’âge d’or) de l’empereur romain Néron (37 / 68), enterrée ensuite par Trajan pour construire des thermes. Sous le parc, créé par des terres de rapport et agrémenté d’immenses pins parasols, il y a donc au moins deux couches archéologiques : celle correspondant aux termes de Trajan et, encore en dessous, celle de la Domus Aurea.

La Domus Aurea est un immense palais (80 hectares), recouvert d’or. Après la mort de Néron, l’espace fut rendu aux Romains et dépouillé de son or, de ses marbres et pierres précieuses. Le palais fut redécouvert au XVe et il révéla alors ses fresques admirées notamment par Domenico Ghirlandaio, Raphaël et Michel-Ange. Elles furent notamment à l’origine des peintures dites « grotesques ». Il s’agit de motifs d’ornementation reproduisant des sujets de caractères bizarres, avec des enroulements de feuillages et dans l’entrelacement desquels apparaissent des personnages ou des animaux fantastiques.

L’humidité et les racines ont fortement altéré les ruines et les peintures dont les murs étaient couverts. La question posée aux conservateurs et aux responsables publics est de savoir ce qu’il faut sauver, la Domus Aurea, les thermes de Trajan ou le magnifique parc si caractéristique des paysages romains ? Mais la question se pose-t-elle encore ? Le 30 mars 2010, une partie du plafond de la Domus Aurea s’est effondrée et le site est à nouveau fermé « pour une durée indéterminée ». Les moyens du ministère de la Culture ayant été divisés par deux, le risque est grand que la dégradation se poursuive.

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