Les chaînes de Saint-Pierre - Le mausolée du pape Jules II - Le Moïse de Michel-Ange

 

RomeMonti Saint Pierre aux liens Moïse

L'impératrice Licinia Eudoxa (422 / 462), épouse de l'empereur Valentinien III, aurait fait construire l'église Saint-Pierre-aux-Liens dans les années 430 pour abriter les chaînes qui avaient entravé saint Pierre à la prison Mamertine à Rome avant son supplice. Ces reliques furent complétées par les chaînes de Saint-Pierre à Jérusalem et qui étaient conservées à Constantinople. Présentées au pape Léon Ier (440 / 461) les deux chaînes se soudèrent alors miraculeusement.

Les chaînes sont conservées dans un reliquaire en-dessous de l'autel principal de la sacristie.

L’église fut restaurée sous les papes Sixte IV et Jules II, puis le bâtiment médiéval sera encore fortement remanié au XVIIe et XVIIIe siècles. L’église présente un plan basilical à trois nefs, auxquelles s'ajoute un transept. De belles colonnes doriques, probablement prises sur un monument antique, rythment la nef, mais la voûte surbaissée à caissons écrase le volume intérieur.

La façade, de 1475, est tout à fait insolite, constituée d'un portique du Quattrocento, ne permettant pas de préjuger qu’il s’agit d’une façade d’église. Le portique comporte cinq arcades supportées par des piliers octogonaux, et est surmonté d’un étage percé sobrement de cinq fenêtres. Attribué longtemps à Vasari ou à Baccio Pontelli, il est aujourd'hui considéré comme étant une ouvre de Meo del Caprino.

La principale curiosité de l’église est le mausolée au pape Jules II (1503 / 1513). Le projet initial (1506), destiné à la basilique Saint-Pierre, était gigantesque. Il comportait une chambre funéraire autour de laquelle s'articulait une structure de plusieurs étages (5 mètres de hauteur), peuplée de 40 statues représentant des personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament figurant des allégories des arts et des vertus triomphant sur les vices.

Michel-Ange se rendra à Carrare durant huit mois afin de choisir les blocs de marbre nécessaires à sa réalisation. Mais le Pape délaissa le projet et Michel-Ange était également occupé par d’autres commandes ce qui fait que le projet initial n'a jamais été réalisé. Michel-Ange ne retravaillera sur le monument qu'après la mort du pape. Il sculptera un groupe d’esclaves, aujourd'hui conservé au Musée du Louvre, et entreprendra l'exécution des statues des filles de Laban, Lia (à droite) et Rachel (à gauche), et le Moïse (1514 / 16).

Le pape Jules III, souhaitant que Michel-Ange abandonne ce chantier pour se consacrer à ses projets, notamment au Jugement Dernier de la Chapelle Sixtine, découvrit le Moïse dans l'atelier de l'artiste et jugea que la statue était d'une qualité suffisante pour honorer la sépulture de son prédécesseur.

Le mausolée fut finalement élevé avec la statue de Moïse comme élément central. Moïse est représenté au moment où, descendu du Sinaï avec les Tables de la Loi retranscrivant les paroles de Dieu, il constate que le peuple juif honore une idole païenne, le « Veau d’or ». Deux statues sont positionnées de part et d’autre, dans des niches séparées par des atlantes. Elles représentent Léa et Rachel et seraient en partie du maître. Rachel et Léa sont considérées comme les Matriarches dans la religion juive, les mères fondatrices dans le Judaïsme. Ce premier niveau est donc composé de personnages considérés comme fondateurs du peuple et de la religion juive. La statue de Moïse, statique, toute en force et virilité, s’oppose aux deux statues plus dynamiques de Léa et Rachel sculptées en contrapposto.

L'exécution du reste du mausolée reviendra aux élèves de Michel-Ange et n’égale évidemment pas la puissance du maître. Il se dilue dans les hauteurs avec des colonnes étirées, beaucoup plus hautes que les statues qu’elles abritent. Quand au cénotaphe de Jules II, il est placé à cheval sur deux atlantes et son gisant relève curieusement la tête. Il faut dire que placé à une grande hauteur soit le gisant reposait la tête mais on ne pouvait alors voir son visage, soit il fallait qu’il relève fortement la tête pour éviter à l’énorme tiare de tomber… Conclusion, la posture n’est vraiment ni gracieuse ni naturelle !

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