Les conséquences du tsunami - L'érosion marine fragilise la côte

 

Inde du Sud Veerampattinam

Veerampattinam est le plus grand village côtier (6 200 habitants) au Sud du territoire de l'Union de Pondichéry, à 7 kilomètres du centre-ville. Il possède une longue et, dit-on, l'une des plus belles plages de l'Inde. Ce n’est pas une plage touristique, mais un lieu essentiellement consacré à la pêche. Les bateaux s’alignent face à l’océan et les pêcheurs y réparent leurs filets.

Le 26 décembre 2004, le village a été frappé par le tsunami, comme les 2 260 kilomètres de la côte indienne du golfe du Bengale. Il semblerait toutefois que, grâce à un système de sonorisation dans le village, par une sirène, les habitants aient pu être avertis à temps du danger et qu’une seule victime serait à déplorer.

Cela n’a toutefois pas évité la destruction des maisons, notamment par les bateaux emportés par la vague qui sont venus s’échouer à l’intérieur des terres. Si l’on en croit la presse nationale sur Internet [1], les deux mille pêcheurs de Veerampattinam auraient même entamé une grève de la faim en 2009, pour exiger du gouvernement la construction des mille maisons promises sur l’emplacement de leur ancien village. A voir aujourd’hui Veerampattinam, cela ne donne pas l’impression qu’elles aient été construites depuis, tout au plus les pécheurs auront-ils été indemnisés ?

Si les dégâts du tsunami en Inde ont été moins dramatiques qu’au Sri Lanka, il a néanmoins touché 2,7 millions de personnes, 645 000 ont perdu leurs ressources (près de 80 % au titre des revenus de la pêche), 150 000 maisons ont été détruites ou endommagées. On déplore la mort de 10 881 personnes, et la disparition de 5 792 autres [2].

Le territoire de Pondichéry a également été affecté par le tsunami qui a laissé derrière lui 30 000 sans-abris et une centaine de morts dans les villages voisins. « Seulement » pourrait-on dire, car la vague géante de sept à dix mètres de haut, s’est brisée sur la digue construite sous l’empire colonial français et les premiers bâtiments, situés derrière la digue et la promenade, n’ont pas été touchés par la mer.

Cette digue ancienne avait été complétée et allongée, en 1990, pour lutter contre l’érosion marine qui, petit à petit, a réduit à presque rien la plage qui longeait la promenade. Mais, si cette digue a bien protégé la ville lors du tsunami, elle pose quantité de problèmes en lien avec la création d’un port en eau profonde au Sud de la ville, entre Veerampattinam et le centre ville.

Pour assurer la circulation des navires dans le port, deux barres rocheuses ont été réalisées perpendiculairement au littoral. Or, ces deux barres bloqueraient la circulation des sables le long de la côte. Lors de la mousson elles empêchent la remontée des dépôts de sable vers le Nord. En conséquence, la plage de Pondichéry disparait sous les coups des vagues, n’étant plus rechargée en dépôts nouveaux.

Les vagues, qui se heurtent désormais sur la digue, reportent l’érosion vers le Nord, réduisant progressivement les plages du Tamil Nadu sur lesquelles les pécheurs développent leurs activités [3]. La diminution de la plage entraîne une surpopulation sur une surface de plus en plus limitée, participant à faire péricliter l’activité de pêche et conduit finalement à un déplacement de population vers le centre de Pondichéry.

C’est ainsi que la digue, qui a sauvé Pondichéry de la catastrophe de 2004, entraîne d’autres difficultés non moins graves !


[1] « The Indu ». 23/10/2009.

[2] « Rapport préliminaire d’évaluation des dommages et des besoins en Inde ».

[3] Caroline Baron, Pauline Borgniet et Nicolas Dabart « Les impacts sociaux de l’érosion du littoral sur les communautés côtières ». Mastère spécialisé Ingénierie et gestion de l’Environnement. Sd.