Une demande d'appui à l'enseignement agricole yéménite

 

Yémen carte

Lors de la réunion de la commission mixte franco-yéménite de 2003 chargée d’examiner les projets de coopération entre les deux pays, le développement des centres de formation technique avait été déclaré « action prioritaire ».

A cet effet, dès le mois de septembre de la même année, le ministère français des Affaires étrangères avait mis un volontaire civil international à disposition auprès du ministère yéménite de l’Enseignement technique et de la Formation Professionnelle avec pour objectif d’identifier le secteur dans lequel les besoins du Yémen pouvaient être prioritaires, tout en s’efforçant d’intervenir en complémentarité d’autres coopérations internationales, anglaise ou allemande notamment.

Compte tenu de l’importance du milieu rural au Yémen, mais aussi de l’expérience française dans ce secteur d’activité économique, les deux pays ont alors souhaité développer une coopération dans les métiers de l’agriculture et du développement rural.

 « L’Arabie en général est, comme l’on sait, ce vaste pays qui s’étend depuis le détroit de la mer Rouge jusqu’au golfe Persique et depuis l’Océan Oriental ou la grande mer des Indes jusqu’aux frontières de la Syrie, de la Palestine et de l’Egypte, formant la plus grande presqu’île qui soit dans le monde connu. On sait aussi la division ordinaire de ce grand pays en trois Arabies qui sont, la Déserte, la Pétrée, et l’Heureuse, division qui n’a pas été suivie des géographes et des historiens orientaux »[1].

Sur la base des rencontres effectuées lors d’une première mission d’étude, réalisée par un collègue de l’enseignement agricole, des partenariats se sont développés entre un Institut professionnel agricole, à Sardoud (sur la côte de la mer rouge, près d’Al Hodeidah), et un lycée agricole du Languedoc dans le domaine de la maîtrise de l’eau en agriculture, mais aussi entre l’Institut agricole et vétérinaire de Sanaa et un centre de formation professionnelle agricole de Provence pour le secteur de la production et de la santé animale. Ces partenariats ont donné lieu à plusieurs échanges d’enseignants entre établissements français et yéménites, mais aussi à des voyages d’étude pour des étudiants, à des réalisations de terrain comme l’irrigation du verger de l’exploitation agricole de l’institut de Sardoud, ainsi qu’à des sessions de formation de formateurs yéménites.

Le ministre yéménite de l’Enseignement technique et de la Formation Professionnelle étant, semble-t-il, très satisfait de ces échanges avec la France, a fait savoir à l’ambassadeur qu’il souhaitait non seulement que cette coopération se poursuive mais surtout qu’elle s’étende à l’ensemble des instituts agricoles du pays ! Très officiellement, il a fait savoir qu’il souhaitait que des « experts » de l’enseignement agricole français se rendent au Yémen pour y élaborer une stratégie de formation agricole et vétérinaire afin de répondre aux besoins du marché du travail et aux orientations de développement de ce pays.


[1] Jean de La Roque. « Voyage de l’Arabie Heureuse par l’Océan Oriental et le Détroit de la Mer Rouge, Fait par les François pour la première fois, dans les années 1708, 1709 & 1710. Avec la relation particulière d’un Voyage Fait du Oort de Moka à la Cour du Roy d’Yémen, dans la féconde Expédition des années 1711, 1712 & 1713 ». 1716.

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