Des conflits armés puis latents - La situation en 2007

 

Yémen Sana'a 1

 « Albufeda célèbre géographe, ajoute que Sanaa ressemble tout à fait à Damas par l’abondance de ses eaux et par ses jardins délicieux. Je ne sais si, sur cette idée, on ne pourrait pas placer en ce quartier là cette espèce de Paradis terrestre, nommé Iram, et planté dans l’Arabie Heureuse par un ancien Roi, que Mahomet même traite d’impie dans son Alcoran, paradis célèbre dans le mahométisme et dont presque tous les ouvrages des poètes musulmans font mention »[1].

Le Yémen en général, et Sanaa en particulier, sont restés longtemps fermés aux étrangers, pour des raisons religieuses par le passé et, plus récemment, par suite des conflits qui ont secoué ce pays conséquence, là encore, du partage colonial du monde.

Au Sud, le Yémen était occupé par les Anglais dès 1839 (Aden étant un port de la première importance sur la route des Indes) et, au Nord, par les Ottomans en 1848. En 1905, les deux puissances occupantes définirent la frontière entre les deux parties du pays. Après le retrait des Ottomans, en 1919, le Nord devint une monarchie souveraine puis, en 1962, une République y fut proclamée (la République arabe du Yémen), mais une longue guerre opposa les républicains, soutenus par la République Arabe d’Egypte et son armée, aux royalistes, financés et équipés par l’Arabie saoudite.

Les Anglais quittent Aden en 1967 et il y est aussitôt proclamé une République Démocratique et Populaire, soutenue par l’Union Soviétique et alignée sur sa politique internationale. Bien évidemment, chacun des deux Etats abrite alors une opposition armée au régime de son voisin, d’où de fréquents accrochages débouchant parfois sur des guerres ouvertes (1972 et 1979). Toutefois, les deux régimes économiques et politiques étaient aussi le reflet de deux traditions différentes : au Nord, peuplé de chiites de rite zaïdite, un régime tribal et religieux basé sur la charia ; au Sud, après un siècle et demi de gouvernement britannique, un système plus laïc dans lequel les institutions publiques fonctionnaient à peu près.

En 1990, la réunification du Yémen consacra un mariage de raison plus que de sentiment : lourdement endettée, la République populaire ne pouvait plus compter sur l’aide financière de l’Union soviétique et, au Nord, le régime était accusé de corruption par l’opposition démocratique. En mai 1994, la guerre civile repris entre Nord et Sud suite notamment à une vague d’attentats contre les dirigeants du parti socialiste, commandités semble-t-il par l’entourage du président de la République. Un mois plus tard, l’armée du Nord occupait Aden consacrant la défaite du Sud.

Aujourd’hui des affrontements sporadiques se manifestent régulièrement, le gouvernement n’arrivant pas à s’imposer dans certaines zones tribales : Saada, Jawf, Mareb, Shabwa et Abyan. Huit prises d’otages ont eu lieu en 2005 et 2006.

Le 2 juillet 2007, un attentat était perpétré contre un groupe de touristes espagnols, près d’un site archéologique proche de la ville de Mareb, faisant neuf morts et onze blessés. Des militaires, mais aussi de nombreux civils, ont été tués au cours d’affrontements récents entre l’armée et les partisans du chef de la rébellion houthi, Badreddine Al-Houthi, affrontements qui ont fait des milliers de déplacés dans la région de Saada.

Du fait de la situation politique, l’ambassade de France déconseille fortement tous déplacements privés dans les régions du Nord et du centre du pays. Concernant les autres régions du Yémen, l’Hadramaout à l’est, la Tihama à l’ouest et la région de Sanaa, en 2007 l’ambassade recommande « vigilance, prudence et discrétion » !


[1] Jean de La Roque. « Voyage de l’Arabie Heureuse par l’Océan Oriental et le Détroit de la Mer Rouge, Fait par les François pour la première fois, dans les années 1708, 1709 & 1710. Avec la relation particulière d’un Voyage Fait du Oort de Moka à la Cour du Roy d’Yémen, dans la féconde Expédition des années 1711, 1712 & 1713 ». 1716.

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