Un établissement de formation professionnelle du groupe « Hayel Saeed Anam » - L’institut agricole « Al-Khaimi »

 

Yémen Institut Al Khaimi

Le lendemain matin, nouveau passage obligé par la case « Gouverneur ». Nouvelle cité administrative, nouvelle introduction dans le vaste bureau du gouverneur, nouvel accueil avec sucreries ou thé, nouvelle présentation des objectifs de la mission, nouveau discours de bienvenue des autorités locales qui posent quelques questions générales. Parfois, les généralités sont dépassées pour souligner l’importance du secteur agricole, de la formation des techniciens agricoles, mais jamais celle de la formation des agriculteurs et des agricultrices n’est évoquée. Cela ne semble pas faire partie des choses possibles, ni même envisageables.

Au programme, visite d’un établissement de formation professionnelle privé, dépendant d’une très importante société yéménite, le groupe « Hayel Saeed Anam », premier groupe commercial au Yémen, également présent en Arabie Saoudite, en Egypte, en Malaisie et en Indonésie. Il emploie 15000  personnes au Yémen dans des secteurs aussi différents que la production d'engrais, de ciment, la métallurgie et les matériaux de construction, les appareils électroménagers et électriques, les meubles, le matériel médical et les médicaments, les détergents, les cosmétiques, les pesticides, les lubrifiants, la papeterie, les produits en matière plastique et PVC, les tubes et raccords, les cigarettes, les services bancaires et d'assurance, les services médicaux, les agences de voyage et hôtels. Où n’est-il pas ? Le groupe fait aussi dans l’agroalimentaire avec des boissons non alcoolisées, de l’eau, des pâtisseries, des biscuits, des produits sucrés, du chocolat, du lait reconstitué, des conserveries de fruits et légumes, des pâtes, de l’huile et des graisses comestibles.

Le groupe est également très engagé dans les actions humanitaires. Il a des actions d’aide aux familles pauvres, aux orphelins et veuves. Il construit des écoles, des puits, des barrages, des routes, des ateliers pour aider les familles en couture, broderie, tissage. Il vient d’inaugurer l'hôpital international du Yémen à Taez. Abdul-Wassa Saeed, directeur général du groupe, est le principal donateur de l'Association nationale Anti-Qat, soulignant les effets dommageables de la consommation de qat sur l'économie nationale, dénonçant vigoureusement « les millions d'heures de travail perdues chaque jour » et il en a strictement interdit l'usage à l'intérieur de ses entreprises.

Enfin, le groupe a également accordé une attention particulière à la formation et à la qualification de ses personnels. Il a créé un centre de formation dans les techniques administratives, de gestion et de management à Taez qui n’a d’ailleurs rien à envier aux nôtres. D’une propreté méticuleuse, ses vastes locaux sont parfaitement équipés en bureaux, salles de classe, salle de conférence, matériels didactiques et informatiques.

L’institut agricole « Al-Khaimi » est situé à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Taez. S’il comporte une section agricole, c’est aussi un établissement d’enseignement technique pour l’architecture et la construction. Lors de la rencontre avec l’équipe pédagogique, grande nouveauté, deux enseignantes, sont présentes ! Portant certes le foulard sur la tête, elles n’en sont pas moins très actives dans la discussion, voire revendicatives tant vis-à-vis de l’accueil des jeunes filles, que des conditions d’exercice de l’enseignement ou de leurs disciplines.

L’établissement compte 360 étudiants, avec 67 dans la section agriculture dont 5 filles. Pour accueillir ses élèves, l’établissement possède sept classes, deux laboratoires, deux ateliers l’un pour l'électricité et l’autre pour électronique, des bureaux, un restaurant et un internat mais pour les garçons seulement. L’établissement comporte également une pépinière pour les cours d’agriculture, mais ni champs, ni cheptel, ni matériel sauf tous les outils susceptibles d’équiper un tracteur, mais il manque ce dernier ! Si l’établissement est raccordé au réseau électrique et bénéficie de l’adduction d’eau par une pompe, il n’a ni le téléphone ni aucun véhicule de transport.

Force est de faire le constat que les conditions d’une formation agricole dans l’établissement sont assez précaires et aléatoires. Aux dires des enseignants, à l’issue de leurs études et l’obtention de leur diplôme, la plupart des étudiants cherchent un emploi dans les autres secteurs que l’agriculture. 

Liste des articles sur le Yémen

Télécharger le document intégral