Des réalisations contemporaines d'importance - D'architectes renommés

 

Turin Palatino centre

Faute d’importance donnée par les guides touristiques aux réalisations contemporaines, c’est souvent par le plus grand des hasards[1] que l’on découvre les nouvelles réalisations architecturales : avec la visite de musées (Galerie d’Art moderne, musée de l’automobile), en circulant dans la ville (marché de l’habillement, gare de Turin Porta Susa…). C’est malheureusement aussi après le voyage que l’on découvre d’autres œuvres intéressantes (palais du Travail, Lingotto…) !

En 1863, la ville de Turin décida de s’intéresser à l’art de son époque. C’était une première en Europe et le musée de Turin est le plus important musée italien consacré à l’art moderne avec plus de 45 000 œuvres. La Galleria Civica d’Arte Moderna e Contemporanea (GAM) s’installe, en 1959, dans un nouvel édifice, un grand parallélépipède de béton[2]. Développant de grandes salles d’exposition, commodes d’accès, sa seule originalité semble toutefois d’avoir été posé en diagonal dans une structure urbaine quadrangulaire.

La reconstruction du marché de l'habillement, piazza Repubblica, est une des étapes clef de la rénovation de la ville dans le cadre du projet pilote « The Gate ». Sur cette place, plus grand marché européen ouvert, lieu de rassemblement populaire et de brassage de populations d’origines diverses, a été construit un nouveau marché couvert, le Centro Palatino[3]. Utilisant le verre et le métal, très lumineux, il s’intègre totalement dans l’horizon urbain environnant. A l'intérieur, un système de rampes de métal permet de distribuer les différents étages de locaux commerciaux et un restaurant. Il conserve en sous sol deux des plus anciens glaciers creusés dans le sol de cette place consacrée au marché d’alimentation depuis le XVIIe siècle.

Le nouveau schéma directeur de Turin projette d’enterrer une ancienne voie ferrée qui divisait la ville en deux créant ainsi un nouveau boulevard urbain de douze kilomètres de long : la « Spina Centrale » (épine dorsale). L’ancienne voie ferrée va devenir un axe ferroviaire majeur en accueillant la ligne TGV Paris / Rome. L’ancienne gare de Porta Susa deviendra la première halte italienne après Lyon et un centre d’intermodalité (chemins de fer, métro, routes). La nouvelle gare de Porta Susa[4] est une longue galerie de trois niveaux, voutée d’acier et de verre, s’étirant en ondulant sur 380 mètres, s’inspirant des grandes galeries urbaines des villes italiennes du XIXe siècle. Outre son rôle dans la circulation ferroviaire, la gare est conçue pour améliorer les communications entre deux pans de la ville, autrefois séparés par la tranchée des voies ferrées, avec une série de traversées de galeries situées en continuité avec le tissu préexistant des rues. La verrière est entièrement couverte de capteurs photovoltaïques, placés entre deux peaux de verre, afin de jouer également le rôle de pare-soleil ; la peau interne étant composée d’écailles de verre à position variable afin de contrôler la ventilation et éviter de transformer la galerie en serre étouffante[5].

Le musée national de l’automobile de Turin, créé en 1932, s’est installé dans un nouveau bâtiment en 1969. Il a rouvert ses portes en 2011 après l’ajout d’une nouvelle aile. Il présente 200 véhicules originaux (et quelques reproductions), de 80 constructeurs, du fardier de Cugnot aux « concepts-cars » contemporains. Le Museo dell’Automobile[6], sur la rive gauche du Pô, non loin du Lingotto, est un exemple d’architecture moderne spécialement construit pour abriter la collection du musée. Le bâtiment original est une longue façade convexe, en pierre et verre, le long du Pô. L'extension, aux façades sinueuses, élégantes, de métal ajouré, a permis d’ajouter un restaurant, une bibliothèque et un Centre de documentation


[1] Le site Piemonte Italia propose des itinéraires qui permettent de prendre connaissance des multiples facettes de la ville.

[2] La Galleria Civica d’Arte Moderna e Contemporanea (GAM), via Magenta, 1959, architectes Carlo Bassi et Goffredo Boschetti. Pour mettre en valeur ses collections le musée a opté, en 2009, pour une rotation biennale des œuvres qui sont présentées sur la base de quatre thématiques différentes à chaque accrochage. Après « Genre / Vue / Enfance / Specularità », puis « Ame / Information / Mélancolie / Langage », les thèmes présentés actuellement sont « Infini / Vitesse / Nature / Étique ».

[3] Centro Palatino, piazza de la Repubblica, 1998 / 2001, architectes Massimiliano et Doriana Fuksas.

[4] Gare de Porta Susa, spina centrale, projet AREP, 2006 / 2013, architectes Silvio D’Ascia et Agostino Magnaghi.

[5] Jean-Marie Duthilleul, Etienne Tricaud, Silvio d’Ascia. « La nouvelle gare TGV de Turin Porta Susa ». Tunnels et espace souterrain, n°233, 2012

[6] Museo dell Automobile, corso Unita d’Italia, 1958 / 1960, architectes Amedeo Albertini, puis Cino Zucchi .

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