Histoire, littérature et cinéma, pour nous faire rêver aux citées perdues dans la jungle !

 

Mexique Tulum_01 Grand palais

Au début du XIXe siècle, le monde avait quasiment oublié la civilisation maya. La forêt avait envahi progressivement l’ensemble des cités abandonnées par leurs habitants. Les seules informations que les conquérants espagnols avaient eu entre leurs mains, des livres écrits sur des feuilles d’écorce de ficus, de fibres d’agaves ou de peaux animales, avaient été brûlés, en 1562, comme « écrits du diable » sur ordre de l’évêque Diego de Landa. Seuls trois ou quatre livres, dispersés dans le monde (Dresde, Madrid et Paris, le quatrième étant d’une origine douteuse) avaient échappé à la rage destructrice des conquérants, mais leur déchiffrement restait un véritable casse-tête pour les scientifiques.

Palenque, Tikal ou Chichén Itzá, redécouvertes par quelques explorateurs aventureux au cours du XIXe siècle, purent alors rejoindre la liste des cités disparues, devenues plus ou moins mythiques, comme Carthage, la grande cité phénicienne rasée par Rome lors des guerres puniques et sur les ruines de laquelle les vainqueurs répandirent du sel pour que rien n’y repousse jamais, ou Babylone, la capitale de l’empire assyrien du fabuleux Nabuchodonosor II (605 av. J.C / 562 av. J.C), entourée de redoutables murailles enserrant la grande ziggurat à l’origine du mythe de la tour de Babel, sans parler de ses fameux jardins suspendus dont il ne subsiste nulle trace.

Bien sûr, il faudrait aussi ajouter Persépolis, la capitale de l’empire perse, créée par Darius Ier (vers - 550 / - 486), Troie, détruite et reconstruite neuf fois entre le IIIe millénaire av. J.C et le IVe siècle, Mycènes, fondée par Persée, capitale du royaume d’Agamemnon, dont l’enceinte cyclopéenne est franchie à la formidable Porte des Lionnes, ou encore Cnossos, la capitale crétoise du légendaire roi Minos, fils de Zeus et d’Europe, confiant à Dédale la construction d’un labyrinthe inextricable où enfermer le minotaure, fruit honteux des amours de sa femme Pasiphaé avec un taureau. Enfin, dans les Amériques, Machu-Pichu, capitale du royaume inca, perchée à près de 2 500 m d’altitude, et en Extrême-Orient, Angkor l’immense cité khmère, « redécouverte » en 1853, alors que son plus grand temple, Angkor Vat, n’avait jamais cessé d’être occupé par des moines bouddhistes.

Sans oublier non plus la très chimérique Atlantide !

« En ce temps-là, on pouvait traverser cette mer Atlantique. Elle avait une île, devant ce passage que vous appelez, dites-vous, les colonnes d'Hercule. Cette île était plus grande que la Libye et l'Asie réunies. (…) Or, dans cette île Atlantide, des rois avaient formé un empire grand et merveilleux. »[1]

L’imagination des Européens, et notamment de leurs artistes, n’a pas été en reste pour recréer ces fabuleuses cités disparues, ou en inventer d’autres, tels « Salammbô » de Flaubert, « l’Atlantide » de Pierre Benoît ou « Le roi lépreux » du même, « Les Indes noires » de Jules Verne, « La voie royale » d’André Malraux, sans parler de la très abondante littérature qui fait référence à la cité grecque de Mycènes laquelle accueillit les Atrides et son cortège de tragédies familiales toutes plus sordides et sanglantes les unes que les autres. Mais tout ceci n’est encore rien à côté du cinéma qui fit « ses choux gras » des villes oubliées dans la jungle ! En effet, quoi de plus spectaculaire que l’apparition d’une tour ou d’une pyramide effondrées dans le fouillis des troncs d’arbres, des fougères géantes et des lianes, le tout sur fond des cris des singes hurleurs et des chants d’oiseaux ?

Finalement, ne souhaitons-nous pas aussi « jouer à l’explorateur » en visitant les cités mayas ?


[1] Dialogues de Platon.

Liste des articles sur les Mayas

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