Composition générale - Une structure à la fois idéographique et syllabique - Mais aussi fonction des types de textes et de leurs supports

 

Guatemala Tikal_24

L'écriture des Mayas est un système de représentations dessinées dénommées glyphes. Huit cent signes différents ont pu être répertoriés ce qui exclut tout à la fois une écriture alphabétique, voire syllabique, généralement composées d’un nombre restreint de signes, mais aussi une écriture idéographique qui exigerait, à contrario, beaucoup plus de signes. De fait l’écriture maya est un composé de signes idéographiques et syllabiques ! Certains glyphes correspondent au mot que l’on veut désigner, d’autres à une syllabe, mais plusieurs glyphes différents peuvent correspondre à une même syllabe, laissant l’initiative du choix au scribe !

Ces glyphes de base sont regroupés dans des blocs carrés. A l’intérieur de ces blocs, il existe un glyphe principal qui peut être entouré de préfixes (glyphes secondaires plus petits situés à gauche), de superfixes (au-dessus), de postfixes (à droite) et de sousfixes (en dessous), lesquels complètent le sens du glyphe principal. Les blocs de glyphes se présentent par groupes de deux colonnes, qu'on lit de gauche à droite et de haut en bas. Le glyphe principal désignant la cité de Tikal, capitale du royaume dénommé « Mutul » (« touffe de cheveux ») représente un chignon.

Un même mot peut être composé d’un glyphe idéographique ou de combinaisons différentes de glyphes syllabiques. Le mot « jaguar », « balam » en maya, peut être transcrit de cinq manières différentes[1] :

  1. « BALAM » avec un seul logogramme (ou idéogramme) représentant le mot entier ;
  2. « ba-BALAM » avec un logogramme et le préfixe syllabique ba ;
  3. « BALAM-m(a) » avec un logogramme et le postfixe syllabique ma dont la voyelle (a) n’est pas prononcée ;
  4. « ba-BALAM-m(a) », le logogramme avec un préfixe et un postfixe syllabiques :
  5. « ba-la-m(a) », trois glyphes syllabiques, ba+la+ma.

Cette écriture est néanmoins facilitée par le fait que la majorité des mots mayas sont monosyllabiques et que les mots polysyllabiques sont en général décomposables en mots d'une syllabe.

Ces glyphes peuvent être des noms, des verbes, et forment des phrases permettant d’exprimer une pensée, des connaissances. Ces textes étaient donc transcrits sur des livres composés de longues bandes de papier d’écorce (les codex) d’une vingtaine de centimètres de large et de plusieurs mètres de longs, pliés en accordéon et consacrés à des textes divinatoires, mais aussi sur des stèles de pierre dressées et des monuments pour nommer des rois, leur dynastie ou leurs faits d’arme et enfin sur des poteries qui pourraient être des « livres des morts ». Problème supplémentaire : chaque type de support aurait son type de texte mais aussi son style propre avec des dessins différents pour désigner un même mot !

Mais les complications ne sont pas finies pour autant. Une même phrase pourrait avoir plusieurs sens ! En effet, l’écriture n’est pas alors considérée comme un support de communication entre personnes mais, réservée à une petite élite de prêtres, de nobles et de scribes, elle est liée à l’exercice de la religion et du pouvoir. « La lecture, comme l'écriture, est essentiellement aléatoire, divinatoire ; lire, ce n'est pas révéler la vérité du texte mais la prise de pouvoir de celui qui déclare savoir, jusqu'à ce qu'un autre vienne effacer ce sens pour lui en substituer un autre »[2].

Compte-tenu de la faiblesse du nombre des documents d’une certaine importance, mais surtout de la difficulté propre à l’écriture maya, les premiers progrès dans le déchiffrement ne se firent que très récemment, au cours des années 1950 et c’est seulement à partir de la fin des années 70 que les principes essentiels de l’écriture purent être définis et permettre le déchiffrement progressif des différents textes ou inscriptions.


[1] Wikipedia.