La guerre du Viêt-Nam et le discours de Phnom-Penh - L'entrée du Cambodge dans la guerre - La prise de Phnom-Penh par les Khmers rouges

 

Cambodge Phnom Penh De Gaulle

C’était un temps où le gouvernement français développait une politique de souveraineté nationale et d'indépendance face aux deux grandes puissances de l’époque, USA et URSS. La France apportait également son appui à tous les pays refusant de s’aligner sur les politiques de l’un ou l’autre de ces deux blocs à un moment où la confrontation entre eux devenait des plus vives.

En mars 1965, les Etats-Unis envoient leurs premières troupes terrestres au Viêt-Nam, à Da-Nang. L'engrenage de la « sale guerre » est en route. Le Cambodge rompt alors ses relations diplomatiques avec les USA.

Début 1966, plus de trois cent cinquante mille GI’s sont au Sud Viêt-Nam et les premiers raids de bombardement sur le Nord Viêt-Nam commencent.

En 1966, le Président de la République Frnaçaise, le Général De Gaulle, effectue une visite officielle au Cambodge. A cette occasion il prononce, dans le grand stade de Phnom-Penh, devant 100 000 personnes, une allocution dans laquelle il conseille la modération en suggérant aux Américains rien moins que de se retirer de la péninsule indochinoise !

« Suivant elle (la France ndlr), s'il est invraisemblable que l'appareil guerrier américain vienne à être anéanti sur place, il n'y a, d'autre part, aucune chance pour que les peuples de l'Asie se soumettent à la loi de l'étranger venu de l'autre Pacifique, quelles que puissent être ses intentions et si puissantes que soient ses armes. Bref, pour longue et dure que doive être l'épreuve, la France tient pour certain qu'elle n'aura pas de solution militaire. (…) Tout comme celui de 1954, l'accord aurait pour objet d'établir et de garantir la neutralité des peuples de l'Indochine et leur droit de disposer d'eux-mêmes tels qu'ils sont effectivement, en laissant à chacun d'eux la responsabilité entière de ses affaires » [1].

Ce discours aura un retentissement important. Au niveau international parce qu’il est prononcé à proximité des frontières du Viêt-Nam et au lendemain de l'audience que le Général a accordé au délégué général de la République du Nord Viêt-Nam à Phnom-Penh. Au niveau national aussi parce qu’il participe à la politique d’indépendance nationale vis-à-vis des Etats-Unis. La France s’est d’ailleurs retirée du commandement intégré de l’OTAN en mars 66 et le Général De Gaulle s’est rendu en URSS en juin de la même année, marquant ainsi sa volonté de situer la France en dehors des blocs, tout en ayant des relations cordiales avec l’un comme l’autre.

La suite des évènements en Indochine aboutira, hélas, à la pire des issues.

Au Cambodge, en 1969, le général Lon Non devient chef du gouvernement et fait basculer le Cambodge dans la guerre au côté des Etats-Unis. Parallèlement, la guérilla khmère rouge se développe d’autant plus que les bombardements américains sur le pays se multiplient. Les accords de paix de Paris, en janvier 73, puis la déroute du régime sud-vietnamien dans les premiers mois de 1975, participent au renforcement de la guérilla khmère rouge qui investit Phnom-Penh le 17 avril après le départ de l’ambassadeur américain le 12. Ce sera ensuite la longue nuit sanglante de l’épisode khmer rouge.

En longeant l'immense stade olympique, qui semble aujourd'hui être davantage un marché qu'un lieu d'entraînement sportif, il est difficile de ne pas penser aux terribles drames qui auraient pu alors être évités.


[1] Charles de Gaulle. « Discours de Phnom Penh ». 1er septembre 1966.

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