Un niveau de vie moyen équivalent à l'Europe du Sud - Peu d'agriculture, de pêche et d'entreprises industrielles - Une économie du tertiaire

 

Malte économie

Et de quoi vivent les Maltais ? L’état d’entretien des espaces publics, des rues, trottoirs, de l’éclairage et des poteaux indicateurs, des bâtiments des services administratifs, des immeubles d’habitation, mais aussi l’habillement des habitants, les lieux de loisirs, bar, restaurant, les commerces, tout cela laisse à penser que le niveau de vie moyen, plus faible que celui des Français, est équivalent à celui des Grecs ou des Portugais (environ 63.000 FF / personne / an). Mais l’importance et la qualité des nouvelles constructions soulignent aussi combien le revenu moyen des Maltais a dû augmenter ces dernières années car les petites villas neuves, très coquettes bien que modestes par la taille, sont très nombreuses.

Si l’on en croit les statistiques – mais pourquoi ne pas les croire ? - le revenu des Maltais aurait doublé en dix ans ! C’est que l’économie maltaise s’est développée au rythme de nos « trente glorieuses » : 5 % par an et même 7 à 8% en 95 et 96. Conséquence, un taux de chômage à faire rêver le premier Européen venu : 5%. Mais il est vrai que Malte ne semble pas encore avoir fait sa révolution féministe, le sexe dit faible ne représente encore qu’à peine plus du quart de la population active. Le modèle social dominant est manifestement celui de la femme au foyer s’occupant de son mari et de ses enfants.

Ce n’est évidemment pas l’agriculture qui est la source des revenus de l’île, la majeure partie de la population vit en ville et l’agriculture maltaise ne fournit que 3% de la production nationale. Il faut dire que les faibles précipitations, très mal réparties dans l’année, ne permettent pas une production agricole intensive. L’eau est un bien très rare, si rare que les possibilités d’irrigation sont très limitées. Ajoutez à cela des structures microscopiques des exploitations agricoles, une moyenne de 1 hectare par exploitation, des sols naturellement peu profonds et pauvres, le résultat c’est que l’île ne peut produire que le quart de sa consommation alimentaire, d’autant que la forte fréquentation touristique (plus de 100 000 touristes en moyenne par mois d’avril à octobre, parfois même 150 000) déséquilibre encore un peu plus la balance des produits agricoles et alimentaires. Malgré cela, Malte réussit à être autosuffisant dans les domaines de l’élevage des porcs, des volailles et des lapins et même à être un exportateur de pommes de terre !

Alors, à défaut de l’agriculture, la pêche ? Malte n’est-elle pas une île ? N’y trouve t’on pas espadon, thon et « lampuka », une espèce particulièrement appréciée localement ? Mais la flotte aperçue dans les petits ports est plutôt constituée de barcasses pour la pêche littorale. Il paraît toutefois que le gouvernement aide au développement de fermes piscicoles lesquelles exporteraient bars et daurade vers l’Italie.

Les grandes entreprises industrielles étant rares, la production manufacturière est centrée sur des secteurs traditionnels, l’agroalimentaire, les boissons, les textiles, les chaussures, à l’exception d’un secteur électronique en développement. C’est donc le secteur des services qui est la source essentielle de la richesse des Maltais et notamment le secteur du tourisme avec plus d’un million de visiteurs étrangers par an, trois fois la population du pays. Ces touristes qui restent très peu de temps sur l’île, de 7 à 10 jours en moyenne selon les modes d’hébergement, assurent le quart des recettes en devises de l’île. Avec une pareille invasion permanente, j’admire les Maltais de conserver un flegme tout britannique vis à vis de ces hordes étrangères, d’autant que – ou peut-être ceci explique-t-il cela – près de la moitié de ces touristes sont d’anciens envahisseurs. On trouve certes aussi des Allemands, encore assez nombreux, des Italiens bien sûr compte tenu de la proximité de la Sicile, puis en quatrième position, des Français, à peine plus nombreux que les Scandinaves ou les Libyens !

Mais ce tour de l’économie maltaise serait incomplet si l’on ne soulignait pas cette étrangeté : depuis deux ans la France est le premier partenaire commercial de l’île, devant le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne ! Cocorico ! Ce triomphalisme cocardier se double d’ailleurs d’une certaine ironie amusée, car qui utilise ou mange les produits français ? Les Anglais en vacances à Malte !

Saint Paul’s Bay, Montpellier, août / novembre 2000.

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