Un espace féérique - Un sentiment de totale sécurité

 

URSS Moscou Place Rouge Basile le Bienheureux

Le premier soir, à Moscou, il nous est également impossible d’attendre le lendemain pour aller visiter la ville, même s’il est déjà tard. Comme n’importe quel touriste qui, à Paris, se précipite immédiatement à La Tour Eiffel ou sur la Butte Montmartre, nous nous précipitons sur la Place Rouge ! Son appellation de « Rouge » n’a d’ailleurs rien de particulièrement révolutionnaire ; tout simplement rouge est synonyme de beau en vieux slave.

Moscou a la réputation d’être une ville calme et sûre et, de plus, nous savons maintenant que l’on peut prendre la liberté de se promener seuls et sans guides. Enfin... nous nous précipitons... n’exagérons rien, car nous sommes aux lisières de la ville et il nous faut prendre le métro. La première station est située à cinq cent mètres de l’hôtel, « Jugozapadnaïa », c’est le terminus d’une des lignes qui traverse Moscou du Sud-ouest vers le Nord-est. Comme à Leningrad, emprunter le métro est très simple.

Nous descendons huit stations plus loin, à « Biblioteka Lenina », non sans avoir consciencieusement compté nos arrêts et en essayant de traduire leurs noms du cyrillique en écriture latine pour éviter les erreurs car, ici, il n’existe aucune indication en langue étrangère.

Nous débouchons devant la muraille du Kremlin, violemment éclairée. Nous contournons les fortifications par le Sud, longeons la Moskova en remontant vers l’église de Basile-le-Bienheureux et la Place Rouge.

L’ensemble est féerique, tours pointues, chemins de ronde à créneaux, clochers à bulbes dorés. Il a tellement de fois servi de décors à des films, des pièces de théâtre ou des opéras que nous sommes persuadés d’être sur la scène, bien que le décor soit vraiment très vaste ! A cette heure, en début de nuit, la Place Rouge est un grand espace vide. Peu, très peu de Moscovites et seulement quelques rares touristes pour déambuler sur les planches.

Dans un coin du plateau le mausolée, où repose le corps de Lénine, semble perdu dans ce vaste espace. Pas de queue pour le visiter, personne dans les tribunes, comme un décor déserté après les dernières représentations. Mais demain matin, le spectacle aura lieu, une nouvelle fois, les touristes et délégations viendront faire la queue devant le mausolée, les parades pour la relève de la garde s’effectueront toutes les heures... et, pour fêter la révolution d’Octobre, il y a aura à nouveau d’immenses défilés de gymnastes, de militaires, d’engins blindés et de délégations des entreprises, avec drapeaux rouges flottant au vent !

« Le mausolée est un modèle de l’architecture soviétique classique (...) où repose le corps du grand révolutionnaire, fondateur du Parti communiste d l’Union Soviétique et de l’Etat Soviétique »[1].

Je veux bien croire que le mausolée est un modèle de l’architecture soviétique classique. Mais j’aurais tendance à penser : hélas ! Du marbre à profusion, mais pas de génie et un ensemble très conventionnel ! Ou alors, c’est le socialisme soviétique qui est sans génie et très conventionnel ?

Une fois le tour de la Place effectué et après avoir bien admiré le décor, pourquoi ne pas en profiter pour visiter les coulisses : le Kremlin ? Remarquant que de grosses limousines noires, à la ligne copiée sur les modèles américains, entrent et sortent du Kremlin par la porte de la Tour du Sauveur (tour « Spasskaïa »), nous nous y présentons aussi, à pied. Mais, les miliciens qui en gardent l’entrée nous font bien vite comprendre que, sans grosse limousine noire et invitation de Mikhaïl, nous n’avons aucune chance d’y pénétrer. Les coulisses de la scène sont fermées la nuit et interdites aux spectateurs.

Il nous faudra revenir de jour, en meute de touristes !


[1] « Guide de Moscou et de ses environs ». 1981.

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