Le Preah Ko - Le Lolei - Le Bakong - Le Mébon oriental - Le Pre Rup - Le Ta Keo

 

Cambodge Angkor Roluos-Pra-Koh

Il est possible de remonter un peu plus encore dans le temps avec les temples de Roluos situés à une douzaine de kilomètres de Siem Reap. Ces temples datent du règne d'Indravarman Ier (877 / 889) après que Jayavarman II ait décidé, en 802, d’implanter sa nouvelle capitale, Haliharalaya, dans la plaine d’Angkor. Ces temples constituent un élément clef dans l’évolution de l’architecture religieuse khmère car ils furent les premiers grands temples érigés en pierre et non plus en briques ou en bois.

Le Préah Ko (« bœuf sacré ») est un ensemble de six tours, construites vers la fin du IXe siècle, sous le règne de Indravarman Ier qui dédia ce temple à ses ancêtres. Les trois tours de la première rangée sont dédiées aux ancêtres hommes, tandis que les trois de la seconde rangée le sont aux ancêtres femmes. Les tours, de taille modeste, sont montées en appareillage de briques mais les chambranles et linteaux des portes comme les sculptures intégrées dans les murs sont composés de blocs de grès. De massives sculptures de bœufs et de lions surveillent le temple. Les constructions externes du temple (portes ou bibliothèques) permettent de constater que les assemblages de pierre pour l’encadrement des portes étaient traités en enfourchement, sur le même principe que les assemblages de bois.

Le Lolei était à l'origine construit sur une petite île au centre d'un important réservoir d'eau, aujourd'hui transformé en rizière. Sa structure est similaire au Préah Ko. Il est constitué de quatre tours de briques, dont certaines très ruinées, disposées sur une plateforme de latérite. Comme Préah Ko, elles sont ornées de sculptures en grès et de gravures en sanscrit sur le jambage des portes.

Le Bakong, enfin, est un premier exemple de temple montagne. Il est composé d’une pyramide de grès à cinq niveaux. Sur le troisième niveau, des éléphants sont disposés à chaque angle ; le quatrième niveau est occupé par douze petites tours de grès (4 par face) et, sur le cinquième niveau, un haut prasat central accentue l’impression de hauteur de l’ensemble. Le temple était dédié à Shiva et le grand prasat central symbolisait bien sûr le mont Meru.

D’une période plus tardive (944 / 967), deux autres temples montagne, le Mébon oriental et Pré-Rup, tous les deux en briques, sont situés près des grands temples d’Angkor. Le Mébon oriental était situé sur une île au milieu du Baray oriental, immense réservoir de sept kilomètres sur deux, régulateur des crues, aujourd'hui complètement comblé et transformé en rizières. C'est un temple à un seul gradin de latérite avec de massifs éléphants aux angles. Sculptés chacun dans un monolithe de grès, ils sont le symbole de la stabilité du monde. Sur la terrasse centrale, cinq prasats de briques.

Pré Rup est postérieur de trois ans au précédent (961), autre temple montagne de latérite et de briques, il est composé de trois gradins. Il constitue une des dernières réalisations des temples montagnes « simples », avant l'apparition des galeries pourtournantes qui vont ensuite enserrer les temples et permettre le développement de riches bas-reliefs (comme au Baphuon ou à Phimeanakas). Il est surmonté de six petits prasats avec de fausses portes en grès sur trois faces, comportant chacune un bas-relief sculpté entouré de colonnettes à huit pans. Dans le coin nord-est, il présente une grande cuve surmontée d'un petit toit pointu, porté par de massifs piliers carrés. Cet édicule passe pour avoir été le lieu de crémation des souverains khmers.

Enfin, Ta Kéo, « La tour de cristal », édifié sous Jayavarman V à la fin des années 900 était dédié à Shiva. C’est également un temple montagne, mais il est le premier à être entièrement construit en latérite et grès. Il est composé de cinq gradins avec l'apparition, au niveau du second gradin, d'une galerie pourtournante protégée par une voûte de brique aujourd'hui disparue. Le dernier gradin est surmonté de cinq tours. Le temple n'a jamais été achevé, les travaux ayant été abandonnés après le montage de la superstructure, et avant le début des travaux d'ornementation et de sculpture des blocs disposés pour y tailler des gopuras, des linteaux et des montants de portes ou de fausses fenêtres. L'abandon des travaux serait consécutif à un coup de foudre qui aurait frappé le monument, les constructeurs y voyant un sombre présage. Il s'en dégage une impression de force massive, les différents blocs restant intacts, non gravés, non moulurés, en "épannelage".

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