Visiter un jour Bantéy Chmar !

 

Cambodge Angkor Bantéay Chmar

Angkor comprend un ensemble d'une cinquantaine de grands monuments – plus de 900 monuments divers avaient été répertoriés au début du XXe siècle - répartis sur une superficie de 400 km². Tous les monuments khmers ne sont pas situés sur le site d’Angkor, et bien d’autres existent au Cambodge, mais aussi en Thaïlande. Nous n’en avons visité qu’une quinzaine !

« L'Illustration » du 3 Avril 1937 publie un article de Georges Groslier, Directeur des Arts Cambodgiens, sur le relevé qu'il venait de réaliser Bantéay Chmar. Découvert en 1883, il semble que les travaux de construction aient été commencés avant le règne de Jayavarman VII et qu'ils furent terminés après son règne, vers 1200. Georges Groslier décrit la zone où est situé le temple (à une vingtaine de kilomètres de la frontière thaïlandaise) comme une région des plus pauvre :

« ... sol d'argile et de sable, traversée par quelques rivières à sec six mois de l'année (...), plaines incultes ou de maigres forêts claires (...). Chaleur torride en été ; en hiver, orages fréquents répercutés sur les montagnes ; ces lieux sont les plus déshérités du Cambodge »[1].

Il s’agit du plus grand de tous les temples khmers, mais aussi un des plus ruinés.

Le Baray, entouré d'une digue de gradins en latérite de trois mètres de haut, délimite une surface de deux kilomètres par un kilomètre. Il comporte, sur la digue ouest, une « terrasse-débarcadère dont les soubassements, qui baignaient dans l'eau, sont sculptés d'oiseaux aquatiques, ailes ouvertes, parmi les lotus ». Les douves, creusées parfois jusqu'à six mètres de profondeur, entourent le temple.

Son plan est celui des grands temples plats de la dernière période, celles dite « d'efflorescence baroque » : plusieurs enceintes concentriques reliées par des sanctuaires secondaires en forme de « gril » composés de galeries se croisant à angles droits, avec un prasat à chaque jonction. La galerie d'enceinte, de deux cent cinquante mètres sur cent quatre-vingt-dix, comprend des bas-reliefs courent sur près de neuf cents mètres (cinq cents mètres à Angkor Vat). La tour centrale est entourée de douves de 65 mètres de largeur sur 3,60 mètres de profondeur et de huit temples secondaires. Le temple de Banteay Chmar possède cinquante-six tours dont certaines sont ornées de visages reflétant la complexité croissante des plans.

Déjà dans un état de conservation très médiocre lors du relevé effectué par Georges Groslier, Banteay Chmar, était aussi dans une zone de guerre longtemps occupée par les Khmers Rouges. Il a été pillé à plusieurs reprises, y compris après la fin de la guerre : statues enlevées bien sûr, mais aussi plusieurs mètres de bas reliefs ! Aujourd’hui une ONG américaine s’efforce de maintenir le site, voire de remonter certains éléments.

Siem Reap / Phnom-Penh / Montpellier, 1992 / 2011


[1] L'Illustration. « Banteay Chhmar - Ville ancienne du Cambodge ». Georges Groslier. N° du 3/04/37.

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