La séparation de la place par le mur - Renaissance de la Potsdamer Platz - Architecture et urbanisme

 

Allemagne Berlin Potsdamer Platz

Bombardée en 1945, la Potsdamer Platz, et la Leipziger Platz qui la jouxte, resteront un espace vide jusqu’à la réunification.

Flash back… En 1965, la Potsdamer Platz, coupée en deux par le mur, était un vaste no man’s land désolé, occupé seulement par le mur, des barbelés, une double rangée de chevalets antichars, des lampadaires et des guérites de schupos. En fond de scène, des ruines de bâtiments dont l’ancien ministère de l’Air de Goering. Le mur traverse la place, avec des décrochements et des déhanchements étranges, coupant ici les voies du tramway, encadrant là une bouche du métro souterrain, laquelle ne sert plus depuis longtemps et dont les grilles sont fermées. Tout autour, la guerre, les bombardements, les ruines, sont encore palpables.

Rien de tel aujourd’hui. Les ruines ont fait place nette et partout les immeubles, les tours de bureau, les hôtels, les centres commerciaux ont poussé comme champignons sous la rosée !

Après la réunification, la place a été découpée en quatre zones, chacune étant attribuée à un aménageur privé faisant de ce lieu l'un des plus grands chantiers d'Europe. Un des projets est attribué à Daimler Chrysler qui en confie les plans à Renzo Piano. Il conçoit un immeuble se terminant en angle aigu sur la place, avec une très haute tour de verre alors que le reste du bâtiment est revêtu de plaques de terre cuite ocre. Les deux bras du bâtiment enserrent un atrium au toit de verre.

Sony a construit son nouveau siège européen dans l'une des autres zones, avec un bâtiment conçu par Helmut Jahn, une tour de verre et d’acier comportant une vaste esplanade interne, circulaire et couverte, abritant cafés, restaurants, commerces. Autre tour de verre, mais aux formes arrondies et à pans coupés, l’immeuble de la Deutsche Bahn.

L’ensemble est attrayant car, malgré tout, le nombre et l’ampleur des tours sont limités. De plus, à Berlin, les espaces verts, les bois, les étangs, ne sont jamais très loin. Si la densité d’immeubles et de mètres carrés construits est forte immédiatement sur la Potsdamerplatz, à quelques centaines de mètres à peine il est possible de se promener dans des parcs et des jardins, et même faire le tour d’une zone humide comprenant un plan d’eau où poussent des roseaux et où s’ébattent des canards !

Néanmoins, derrière les prouesses architecturales et techniques, la hardiesse des formes et leur beauté plastique, la réunification de la ville et sa reconstruction se sont faites autour des mêmes orientations prioritaires que celles qui avaient prévalues dans le Kurfürstendamm des années 50 et 60 : celles des affaires, du consumérisme, du divertissement et du tourisme, en privilégiant un modèle particulier d’espace de déambulation et de promenade : le centre commercial !

Ironiquement, si la Stalinallee construite dans les années 50 dans la partie Est de la ville est d’une architecture totalement passéiste avec ses façades pseudo classiques, elle m’apparaît d’un urbanisme plus intéressant en mêlant volontairement, dans le même immeuble, habitations, commerces et services de proximité comme des crèches.

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