La reconstruction de Berlin, à l’Ouest et à l’Est - Le Palais de la République Démocratique – Nettoyage par le vide intégral  

 

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Après la guerre, Berlin Ouest promeut une architecture moderne, héritière du Bauhaus, notamment sur le Kurfürstendamm.

A l’occasion de l’exposition internationale sur l’architecture de 1957 (Interbau), le Sénat de Berlin lance le chantier du quartier d’habitation Hansa auquel ont participé les plus grands noms de l'architecture contemporaine : Niemeyer, Le Corbusier, Alvar Aalto et Walter Gropius. Le Corbusier construisit également une nouvelle unité d'habitation (1959) aux abords du stade Olympique.

Côté Est, la reconstruction démarra avec beaucoup de retard, si l’on excepte la Stalinallee (1953-1959).

La rénovation de Berlin-Est s’est ensuite accélérée à l’occasion de la préparation du 750e anniversaire de la création de la ville, en 1987. Autour de l’Alexander Platz ont été construits des alignements de barres, ponctués de tours, en béton, acier et en verre. Le tout est organisé à la prussienne, enrichi de socialisme bureaucratique, en lignes bien horizontales et verticales, sans la moindre rupture de rythme, ou la moindre fantaisie.

Dernière réalisation, en 1976, le Palais de la République, siège du parlement et du gouvernement. L’ouvrage est exécuté avec la participation d’équipes d’ouvriers et d’ingénieurs venus de toutes les régions du pays, afin « que le futur Palais éveille un sentiment de propriété à l’échelle nationale ». L’architecture en est assez ordinaire, trois cubes emboîtés les uns dans les autres, recouverts soit de marbre blanc, soit de verre fumé.

Le plus original n’est pas dans l’architecture mais dans l’utilisation du bâtiment, celui-ci est largement ouvert au public, sept jours sur sept. Le Palais compte un millier de salles. La plus grande est modulable et peut contenir 5 000 participants avec traduction simultanée en douze langues. Outre la salle des séances de la Chambre du peuple de huit cents places, il abrite un théâtre, treize restaurants pouvant accueillir mille cinq cent personnes, un sauna de quatre-vingt-dix places, un bowling, une discothèque, un bureau de poste, plusieurs bars et de nombreux commerces. Dans la grande galerie dénommée « Quand les communistes rêvent » ( ! ), sont exposées les œuvres de seize artistes. Pour m’y être promené, au temps de sa splendeur, j’ai pu constater qu’il était très fréquenté par des familles en goguette. C'était une espèce de centre commercial de la « démocratie » où auraient été installées des œuvres d’art sur les cimaises, œuvres d'art certes le plus souvent très didactiques, marquées d'un grand réalisme socialiste, quoique... parfois... mais si, mais si…

2008 : du Palais de la République, il ne reste plus que quatre colonnes de béton correspondant à des escaliers et des cages d’ascenseurs. Certes, l’amiante avait été largement utilisé dans le bâtiment le rendant impropre à une utilisation publique. Après la réunification allemande, il subit donc une coûteuse opération de désamiantage de 1998 à 2003. Mais, ce symbole de l’ancienne RDA, au centre de la capitale du nouvel Etat allemand, était manifestement intolérable. Le Palais de la République avait remplacé l’ancien château des Hohenzollern, dynamité par le régime communiste après la guerre parce qu’il était un symbole de l’ancien régime, il devait donc à son tour disparaître.

Sur l’emplacement, il n’y a encore rien de visible, mais on est pourtant sûr d’une chose, c’est qu’il est un véritable gouffre financier : destruction du château, construction du Palais, désamiantage, puis destruction. Et chaque jour apporte son lot de surprise. Berlin étant construit sur l’eau et tout déséquilibre engendré par la disparition du Palais pouvant déséquilibrer la cathédrale protestante qui lui fait face, il a fallu combler les fondations du Palais avec des milliers de tonnes de sable !

Les Berlinois ne sont pas encore au bout de leurs peines avec ce terrain !

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