La coupole du Reichstag - Les locaux du Reichstag et la Chancellerie - La gare centrale

 

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Avec son histoire mouvementée, et notamment la tradition des gouvernements de faire de Berlin une vitrine de la puissance de la Prusse puis de la Grande Allemagne, on pouvait craindre le pire dans la reconstruction de Berlin comme capitale d’un pays réunifié. Non seulement la crainte était infondée, mais les Allemands donnent au monde une grande leçon d’architecture et d’urbanisme avec la reconstruction de la ville.

A tout seigneur, tout honneur, le Reichstag et sa coupole. Chacun connaît le monument pour en avoir vu des photographies. Ce n’est pas, à priori, un monument très léger, bien au contraire. Il était coiffé d’une coupole à pans carrés, surmontée d’un édicule en forme de petit temple.

« Et le puissant bâtiment du Reichstag (…) semble ployer avec tours et coupole. D’ailleurs, la coupole du Reichstag n’est pas aussi haute que l’avait prévu l’architecte Wallot. Mais, telle qu’elle est, cette grosse bête grondante révèle une beauté massive et elle est, pour son époque, une œuvre prodigieuse »[1].

Le tout étant très dégradé par l’incendie du Reichstag par les nazis et les bombardements alliés. C'est l'architecte anglais Norman Foster qui gagne le concours pour la rénovation du bâtiment. Au lieu de rebâtir une coupole similaire à l’ancienne, il propose la construction d'un dôme en verre. A l’intérieur, il positionne une double rampe qui permet aux visiteurs de monter à son sommet et participe ainsi à l’animation du bâtiment par le passage des visiteurs derrière le dôme vitré. Au centre une colonne de verre éclaire l'hémicycle situé sous la coupole. Cette coupole de verre allège et modernise de manière remarquable un bâtiment d’architecture très médiocre. Les locaux administratifs du parlement ont été augmentés par la construction de bureaux pour les députés et d’une bibliothèque parlementaire, situés de part et d’autre de la Spree et reliés par une passerelle aérienne, symbole de la réunification, la frontière entre les deux Allemagnes passant autrefois au milieu de la rivière. L’ensemble joue sur l’opposition entre lignes droites et courbes, béton blanc et verre.

En face de l’immeuble des bureaux des députés, fermé par un mur de verre, la Chancellerie de l’architecte Axel Schultès, inaugurée en 2001. Avec ses 12 000 m2 ce serait un des bâtiments gouvernementaux les plus vastes au monde. Retour à la démesure prussienne ? Heureusement, le bâtiment, surnommé ironiquement, « la machine à laver » par les Berlinois est plutôt aérien et peu imposant. Sur le côté, un grand cercle pourrait faire penser à un hublot de machine à laver mais il paraît que c’est le grand hall - dans lequel je n’ai pas eu l’honneur et le plaisir d’être accueilli - qui lui a valu ce surnom ! Mais les lignes épurées, les formes arrondies, minimisent l’ampleur du bâtiment.

Non loin de la Chancellerie, mais de l’autre côté de la Spree, deux tours rectangulaires de verre, transpercées par un tube translucide : c’est la nouvelle gare centrale de Berlin. 1 800 trains y transitent quotidiennement sur cinq niveaux différents, le plus haut à 10 mètres au-dessus du sol, le plus bas, à quinze mètres en dessous, 350 000 passagers y passent chaque jour, par 54 escaliers roulants et 34 ascenseurs… Bref, c’est la plus grande gare d’Europe. Le toit de la grande halle ferroviaire est non seulement arrondi en forme de demi cylindre, mais en plus il est courbe. Pas une des plaques de verre qui le recouvre n’a la même forme ni les mêmes dimensions et 85 kilomètres de câble en acier sont nécessaires pour maintenir l’ensemble contre bourrasques et intempéries. Mais, si la halle extérieure doit pouvoir lutter contre l’air et le vent, le sous-sol doit lutter contre les infiltrations d’eau. Les eaux souterraines sont pompées dans les puits d’excavation, filtrées, nettoyées des métaux lourds avant d’être rejetées dans la Sprée. Par-delà la réalisation technique, l’ensemble ne manque pas de grandeur, sans toutefois être ni lourd, ni écrasant.


[1] Franz Hessel. « Promenades dans Berlin ». 1929.

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