La base de Guantanamo plus facilement visible par photo satellitaire que sur place - 28 octobre 1492, découverte de Cuba par Christophe Colomb dans la baie de Baracoa

 

Cuba Baracoa Baie de Porto Santo

Dans la baie de Guantanamo, les Etats-Unis maintiennent une très importante base navale, parfois surnommée le « Pearl Harbor de l'Atlantique ». Les installations de la base navale s'étendent sur plus de 116 km2. Cet emplacement fut loué aux Etats-Unis en 1903 par le biais d'un traité qui fut renouvelé en 1934. Depuis 1960, le gouvernement cubain conteste la présence américaine et refuse d'encaisser le loyer annuel de 5°000 $, ce qui au cours actuel du dollar n’est pas une très grande perte ! Le 30 janvier 2009, Fidel Castro demandait une nouvelle fois au président américain, à l’occasion de l’élection de Barack Obama, de rétrocéder à Cuba les terres sur lesquelles se trouve la base navale.

Pour Fidel, le maintien par les États-Unis d'une base militaire, doublée d'une prison internationale, dans son pays, contre la volonté de la population, constitue une violation du droit international. Mais de la base navale nous ne verrons rien. Elle est entourée par une zone militaire cubaine et les relations entre la base américaine et Cuba sont aujourd’hui totalement étanches.

Prochaine étape : Baracoa, un des lieux qui revendique l’arrivée de Christophe Colomb et ses premiers pas dans l’Ile après la découverte du San Salvador.

La route de Guantanamo à Baracoa est extrêmement intéressante et variée. Après Guantanamo, la route traverse un paysage de collines couvertes de canne à sucre et de pâturage, puis de bananeraies. Arrivée à la mer, elle longe la côte formée d’une haute falaise. Sous des vents secs et chauds, la végétation est de type aride avec de nombreux cactus.

A partir de Cojobabo, nouveau changement de climat et de végétation. La route s’insinue et grimpe dans la Sierra del Plurial, couverte de hauts conifères. C’est ensuite une longue plongée vers la baie de Baracoa.

« Ils rencontrèrent de grands fonds puis un large río qu’il baptisa San Salvador et où ils s’engagèrent sans hésiter. L’air était tranquille. Il ne faisait ni froid ni chaud. Mille oiseaux chantaient. Un temps de Paradis (…). Lentement, les trois navires s’avancèrent dans la profondeur verte de Couba… »[1]

Quand, le 28 octobre 1492, Christophe Colomb jette l'ancre dans les eaux de la baie, il note qu’elle est dominée par « une montagne carrée qui ressemble à une île ». Pour les uns il s’agit de « La Silla de Gibara », pour les autres d’« El Yunque » de Baracoa.

L'amiral de la mer Océane a-t-il débarqué à Baracoa ou à Gibara ? Mystère. Petit avantage à Baracoa : la ville possède une antique croix de bois, la « Cruz de la Parra », celle qu’aurait plantée Christophe Colomb en débarquant sur la plage de la baie. Celle-ci, après datations au carbone 14, est considérée comme le plus vieil objet religieux de la présence espagnole aux Amériques.

En faisant planter cette croix et en posant un genou dans le sable, Christophe Colomb est persuadé qu’il vient d'accoster au royaume de Mangi, à savoir la Chine du Sud ! Il fera même jurer à ses hommes, sous la menace de coups de fouets, que Cuba n’est pas une île, mais bien la terre chinoise[2] . L'amiral de la mer Océane est porteur d'un message des Rois Catholiques destiné à l'empereur de Chine. Il baptisa le territoire Juana en l'honneur de l'Infant d'Espagne. Il décrivit également la beauté des paysages « des arbres gracieux et verts, différents des nôtres couverts par des fleurs et des fruits d'un goût merveilleux, de nombreuses sortes d'oiseaux dont certains avec beaucoup de charme… ».


[1] Pierre Gamarra. « La vie fabuleuse de Cristobal Colon ». Messidor. 1991.