Attentats, tremblements de terre et bétonnage des côtes

 

Turquie Kusadaci 2

Plusieurs attentats ont frappé la Turquie depuis novembre 2003 attestant de la présence d’un risque terroriste y compris pour les étrangers. Ces attentats avaient notamment visé des stations balnéaires, Kusadasi les 30 avril et 16 juillet 2005, Cesme le 10 juillet 2005, Antalya les 2 août 2005 et 28 août 2006, Marmaris les 27 et 28 août 2006, ou des lieux touristiques comme Manavgat le 25 juin 2006.

Des attentats au colis piégé dans des lieux publics ont également été commis à Izmir et Istanbul en 2007. Un nouvel attentat, le 27 juillet 2008, faisait 17 morts (dont 4 enfants) et 115 blessés. On peut ajouter des incendies de véhicules dans divers quartiers d’Istanbul en décembre 2007. Plus récemment, un attentat a eu lieu contre un bus à Istanbul, le 22 juin 2010 (5 morts et 12 blessés) ainsi qu’un attentat-suicide sur la place Taksim, le 31 octobre 2010 (32 blessés). A Kusadasi, en juillet 2005, l’objectif était un minibus transportant des vacanciers. Une bombe, actionnée à distance, avait été placée sous le véhicule. Cinq personnes ont trouvé la mort et 13 autres ont été blessées par l’explosion. Ces attentats sont généralement attribués par le gouvernement turc soit au TAK, les Faucons de la liberté du Kurdistan, soit au PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Mais est-ce si sûr ? Cela n’arrange-t-il pas les affaires des milieux les plus extrémistes de la Turquie, notamment parmi les responsables des armées ?

Pour les tremblements de terre, on connait le responsable ! Un séisme, d'une magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter, a touché la région d'Izmit en août 1999. Il avait fait 15 000 morts et 30 000 blessés et des centaines de milliers de sans-abri. Cette zone se trouve sur la faille nord-anatolienne, longue de plus de 1 000 km, correspondant au glissement, l'un contre l'autre, de deux blocs continentaux. Elle traverse le golfe d’Izmit, la mer de Marmara et les Dardanelles. Les vitesses de déplacement de la plaque anatolienne vers le Sud-ouest sont de 2 à 3 cm par an. En 1999, l’énergie accumulée avait brutalement créé une faille de trois mètres. De fait, 92% du territoire turc, où se trouve 95% de la population, est sujet à des tremblements de terre. Trois séismes se sont produits le lundi 17 octobre 2005, en mer Egée, au large des côtes Ouest de la Turquie, faisant environ trente blessés et provoquant un mouvement de panique à Izmir. Leur épicentre était situé en mer Egée au large de Seferihisar, à une quarantaine de kilomètres d'Izmir et les secousses ont pu être ressenties à Kusadasi.

Et enfin, le bétonnage des côtes ! Là aussi, on connait les responsables. L’exemple espagnol, avec les catastrophes urbanistiques et environnementales de Benidorm ou de Peñiscola, ne semble pas avoir servi aux Turcs. Honnêtement, le Guide Bleu prévient d’ailleurs ses lecteurs : « Si vous aimez la grande foule estivale, les hôtels en pagaille et les boutiques clinquantes, assurément Kusadasi va vous plaire » ! De fait, l’expansion urbaine semble s’être faite dans la plus grande confusion, chacun construisant un immeuble à sa façon, hauteur, forme, architecture, avec ajouts de vérandas, terrasses, antennes, sachant que la forme de base ressemble généralement à une boite à chaussures dans laquelle on essaye de caser le maximum de gens dans le minimum de place. Les infrastructures, routes, trottoirs, éclairage public, espaces verts, viennent après la construction, quand elles viennent ! Le bétonnage n’est d’ailleurs pas sans relation avec le problème précédent, celui des tremblements de terre. En effet, la très grande majorité des immeubles ne respecte pas les normes parasismiques, avec l’accord tacite des autorités, sans compter que les entrepreneurs augmentent fréquemment la proportion de sable dans le ciment, le rendant plus fragile. Il est même possible qu'ils utilisent du sable de mer qui attaque le béton par suite de la présence de sel. Fait rarissime, à Kusadasi, un titanesque projet de construction immobilière a été arrêté, en plein chantier, suite aux tremblements de terre de 1999. Les constructions - 60 tours d’une douzaine d’étages, soit 2 500 à 3 000 logements (rien que cela !) - ne respectaient pas les normes parasismiques. Depuis, la colline surplombant Kusadasi, au Sud, conserve cette forêt de moignons de tours, pour certaines partiellement squattées car les appartements avaient déjà été vendus !

Liste des articles sur la côte égéenne sud et la Pamphylie

Télécharger le document intégral