Sept Merveilles du monde et gigantisme – La Pax Romana

 

Turquie Mausolée d'Halicarnasse

A quelques dizaines de kilomètres les unes des autres, chacune de ces cités comprenait remparts, agora, temples, gymnases, thermes, odéon, son (voire ses) théâtre. Certes, les ruines que l’on peut y admirer sont le plus souvent d’origine romaine, mais ces bâtiments complétaient ou remplaçaient des bâtiments correspondants plus anciens.

La richesse de ces différents sites nous rappelle ainsi que la civilisation de la Grèce antique ne se limitait pas à sa seule partie « européenne », mais qu’elle s’étendait bien au-delà, notamment avec les cités d’Asie mineure. Elles furent l’un des berceaux de la philosophie, au VIe siècle avant notre ère. Si Socrate, Platon, Diogène et Aristote étaient athéniens, Héraclite (540 / 480 av. JC) était d’Ephèse, Thalès (autour de 600 av. JC) de Milet et tous deux les ainés des penseurs athéniens.

Il est d’ailleurs significatif que dans la liste des sept merveilles du monde antique[1], établie après le règne d'Alexandre le Grand d'après quatorze listes provenant d'auteurs différents, deux étaient situées sur la côte de l’Asie mineure : le Temple d'Artémis d’Ephèse et le Mausolée d’Halicarnasse, et une seule au cœur de la péninsule grecque ! Dans la liste point de Parthénon d’Athènes, de théâtre d’Epidaure ou de tholos de Delphes, mais des monuments grandioses, considérés à leur époque comme des prouesses architecturales et techniques : l’Artémision était un des plus grands temples (137 mètres sur 71), le mausolée l’un des plus hauts (hauteur estimée à 45 mètres).

Cette caractéristique au « gigantisme » semble d’ailleurs être propre aux cités grecques d’Asie mineure. En outre, les monuments comportaient des ornementations nombreuses, jusqu’à la base des colonnes, ou novatrices avec l’invention du style ionique des colonnes, caractérisé par un chapiteau à volutes, un fût orné de 24 cannelures et une base moulurée.

« Là-bas, tout était aussi plus beau, plus grand, plus riche qu'en Grèce »[2]

Après avoir été longtemps indépendants, ces cités et royaumes furent réunis à l'Empire perse en 548 av. J.-C., mais elles n’en continuèrent pas moins à se développer, à commercer, à avoir des relations avec les autres cités grecques tout en payant tribut à l’Empire Perse. Avec les conquêtes d'Alexandre le Grand (353 / 323 av. JC), elles sortirent même de leur (très relative) marginalité dans l’espace grec pour se retrouver au cœur même du nouveau monde hellénique.

Par la suite, toutes ces cités furent intégrées au sein de l’Empire romain qui leur assura une paix durable entre elles (ce qui n’était pas le cas dans le monde grec où elles guerroyaient continuellement les unes contre les autres dans des alliances à géométrie variable), la sécurité aux frontières et développa les routes commerciales tant maritimes que terrestres. La Pax Romana assura à ses différentes villes un formidable développement qui se traduisit par la multiplicité et l’ampleur des monuments qu’elles construisirent même si, de temps à autre, un tremblement de terre venait perturber cette expansion, à l’exemple de Sardes détruite en 17.


[1] Pour mémoire : la Pyramide de Khéops, les Jardins Suspendus de Babylone, la Statue de Zeus d’Olympie, le Temple d'Artémis d’Ephèse, le Mausolée d'Halicarnasse, le Colosse de Rhodes et le Phare d'Alexandrie.

[2] Jacques des Courtils. « L'hellénisation de l'Asie Mineure ». 2011.

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