Un palais Renaissance - Une grand emodernité de formes - A l'arrière des fresques en grisaille

 

Rome Parione Corso VE II Palazzio Massimo

Que ce coup de colère contre la paperasserie pontificale, ne nous fasse pas oublier le plaisir de la promenade !

En longeant, à main gauche, le Palais de la Chancellerie, traversons le Corso Vittorio Emanuele en direction de la Piazza Navona. Ne manquez pas alors le curieux Palais Massimo, un palais en façade courbe d’une austère rigueur.

La façade est imposante mais très simple, entièrement traitée en pierres appareillées en assise. Seules décorations, une large corniche séparant le rez-de-chaussée du premier étage, une série de colonnes doriques formant loggia pour l’entrée et des fenêtres rectangulaires simplement encadrées.

Cette massivité et cette austérité m’ont longtemps fait croire, mais oh, que j’ai honte ! qu’il s’agissait d’un monument des années 1930. J’étais donc passé bien vite, sans faire l’effort d’y aller voir de plus près. Horreur ! Le palais Massimo a été construit de 1532 à 1536 par Baldassare Peruzzi sur les restes d’un édifice du quattrocento détruit pendant le sac de Rome de 1527. Sans vouloir atténuer ma responsabilité, écrasante, j’en ai conscience, cette façade du palais Massimo, pour une œuvre du XVIe siècle, présente une modernité remarquable ! Toutes proportions gardées néanmoins, le palais Massimo me fait penser à la maison Steiner (1910) d’Adolf Loss à Vienne : une grande façade toute simple avec un rez-de-chaussée agrémenté de quelques colonnes.

La forme convexe de la façade est due au fait qu’elle est construite sur les ruines de la cavea de l’Odéon de Domitien.

Le palais Massimo est, de fait composé de trois bâtiments, le bâtiment principal ou « alle Colonne », et deux autres bâtiments, « Istoriato » (historié) et « di Pirro ».

Le Palazzo di Pirro poursuit, à gauche, la façade du bâtiment principal. Il doit son nom à une gigantesque statue de Mars retrouvée dont on pensait qu’elle représentait Pyrrhus, roi d'Épire… celui des batailles gagnées mais sans lendemain (s’il avait vaincu les Romains en 279 av.JC, il avait néanmoins dû se replier). Ce palais a été conçu en même temps que le Palazzo alle Colonne par Giovanni Mangone, un élève d'Antonio da Sangallo le Jeune.

Le palais Massimo Istoriato peut-être admiré sur la placette située à l’arrière, la piazza dei Massimi, malheureusement transformée en parc à voitures autour d’une magnifique colonne romaine. Sa façade arrière est entièrement décorée de fresques en grisailles, peintes en 1523 par des élèves de Daniele da Volterra. Bien qu’en très mauvais état aujourd’hui, leur connaissance m’aurait, je l’espère, évité ma bévue historique et architecturale sur l’âge du palais Massimo !

« … et toute la façade était couverte de curieuses fresques grises et déteintes, qui devaient représenter des scènes de batailles, et des triomphes de galères sur une mer impétueuse. On voyait vers le bas d’énormes chevaux blancs aux grosses cuisses et aux queues tressées, chevauchées par des chevaliers en armures bleues »[1].

Une fois par an, le 16 mars, le palais est ouvert aux visiteurs pour aller se recueillir dans la chapelle familiale au deuxième étage. Le 16 mars 1583, le jeune fils de la famille Massimo mourût à l’âge de 14 ans. Philippe Neri[2], un ami de la famille, accourut, se mit à prier à ses côtés, à l’appeler par son nom. L’enfant serait revenu à la vie pour annoncer qu’il était heureux car il avait retrouvé sa mère et sa sœur au paradis. Sur ce, l’enfant aurait définitivement rendu l’âme. La chambre de l’enfant fut alors transformée en chapelle privée, puis élevée au rang d’église en 1839, laquelle peut donc se visiter chaque année.


[1] Giorgio Vigolo. « La Virgilia ». 1982.

[2] Philippe Neri fonda la Congrégation de l'Oratoire qui s'installera dans l'église de la Chiesa Nuova, voisine du palais Massimo ; il sera canonisé en 1622. Il semble qu’il ne manquait pas d’humour… A une personne qui lui vantait les transports mystiques d’une pieuse jeune fille, il aurait répondu : « Qu’on la marie ! ».

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