La résidence de Hitler sur l’Obersalzberg – La IIe DB hisse le drapeau français sur le nid d’aigle

 

Allemagne Bavière Berchtesgaden Obersalzberg

Hitler a commencé à fréquenter Berchtesgaden en 1923. C’était alors une petite station de montagne, située à 600 mètres d’altitude, au centre d’un cirque de très hautes montagnes qui forment un coin dans la frontière autrichienne au Sud de Salzbourg.

A partir de 1928 Hitler y loua une maison sur l’Obersalzberg, à l’Est de Berchtesgaden, à 900 mètres d’altitude. Nommé chancelier en 1933, il acquit la maison la même année. La résidence modeste fut alors modifiée de fond en comble pour en faire un centre de commandement, mais aussi pour permettre d’y recevoir des hôtes étrangers.

Afin d’assurer la tranquillité et la protection du Führer la zone fut déclarée interdite, toutes les parcelles de terrain achetées, pas toujours avec l’assentiment des propriétaires, et toutes les habitations détruites dans la zone protégée. D’importantes casernes furent également érigées pour assurer l’hébergement des troupes SS chargées de la garde du Führer. Le tout complété par un impressionnant réseau de souterrains pour assurer la défense des dignitaires nazis en cas d’attaques armées.

 L’ensemble résidentiel fut complété par Martin Bormann avec l’érection d’un « salon de thé » sur le Kehlstein, à 1 800 mètres d’altitude, à l’occasion des 50 ans du Chef, en 1939. Plus de 3 000 ouvriers participèrent aux travaux, pendant 17 mois, afin d’ouvrir une route vertigineuse, la plus haute d’Allemagne, taillée dans la falaise ou assise sur des murs de soutènement, entre l’Obersalzberg et le sommet du Kehlstein. La cime étant trop étroite pour y faire monter et stationner les automobiles, il fallut encore creuser avant le sommet un tunnel piétonnier puis installer un ascenseur pour hisser les visiteurs au sommet, 124 mètres plus haut. Il semblerait que Hitler n’ait pas souvent consenti à se rendre sur son fameux « nid d’aigle » (14 fois) car il souffrait du vertige !

Au début d'avril 1945 les nazis auraient encore conservé l'espoir d'échapper au désastre final en s'enfermant, au Sud de la Bavière et en Autriche, dans ce réduit de hautes montagnes, qu’ils pensaient pouvoir défendre contre les divisions blindées alliées. A cette fin, ils auraient constitué d’importants dépôts de munition et d’essence dans les Alpes bavaroises, concentré des avions dans la région dont les Messerschmitt avec moteur à réaction, et préparé des défenses retranchées. Mi avril, Göring avait d’ailleurs quitté Berlin et assurait le commandement de la Luftwaffe à partir de Berchtesgaden avant d’être destitué par Hitler pour haute trahison.

L’aviation britannique bombarda l’ensemble résidentiel de l’Obersalzberg le 25 avril, détruisant l’essentiel des bâtiments. Au sol, Américains et Français se livrèrent à une course de vitesse pour être les premiers à investir ce haut-lieu du nazisme dans lequel auraient pu se trouver certains des dignitaires du régime. Il semble que les Américains arrivèrent les premiers dans la résidence de l’Obersalzberg mais, s’étant arrêté au premier niveau, ils avaient négligé le « nid d’aigle » au sommet du Kehlstein. C’est donc des soldats de la IIe Division Blindée, commandée par le Général De Lattre de Tassigny, qui investirent les premiers le sommet où ils hissèrent le drapeau tricolore le 5 mai 1945.

Le gouvernement de Bavière a progressivement détruit tous les restes des différentes résidences de l’Obersalzberg. Il y a construit un remarquable site d’information sur ce lieu et son rôle dans l’histoire du IIIe Reich, au sein d’une exposition de haute tenue sur l’histoire générale du nazisme. Le « nid d’aigle » n’a pas été détruit ; géré par l'office du tourisme de Berchtesgaden, il sert de restaurant de haute montagne avec, de sa terrasse panoramique, des vues à couper le souffle sur les sommets environnants.

Il n’y a qu’une petite remarque à faire sur l’exposition comme sur le livre de présentation du nid d’Aigle qui y est vendu. S’ils soulignent qu’il y eut une compétition entre Américains et Français pour arriver les premiers en concluant qu’on ne savait pas lesquels avaient gagné, dans les photographies présentées, pas une seule ne représente des soldats français ! Il n’est fait référence qu’aux troupes américaines comme si cela était désagréable d’accepter que les Français, battus en 40, puissent avoir participé à la défaite de l’Allemagne.

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