Ierapetra, la ville la plus au Sud d'Europe - Makrigialos et Moni Kapsa

 

Grèce Crète Analipsi Moni-Kapsa

Ierapetra est la ville la plus au sud de l'Europe, étant située à la même latitude que Sfax en Tunisie (35° Nord). Le climat y est particulièrement clément puisque la température annuelle moyenne est de 20°, que les minimas sont rarement inférieurs à 12° et les maxima supérieurs à 30° sont inhabituels. C’est aussi l’endroit de la Grèce qui connait le plus grand nombre de jours d’ensoleillement - plus de 340 par an ! - et a les plus faibles précipitations (200 mm).

Eloignée d’Iraklion, le tourisme de masse ne semble s’y développer que depuis une date assez récente. Mais, en raison de son ensoleillement, l’extension des cultures de serres est impressionnante. Elles permettent de produire toute l’année et à moindre coût, des légumes de contre saison, notamment des tomates. L’implantation des serres, assez anarchique et parfois même assez agressive en nivelant des collines ou rabotant leurs versants, dénature partiellement les paysages côtiers.

Indirectement, cette activité induit de petites entreprises de production de serres, de machines agricoles, de chauffe-eau solaires, de films de plastique, des canalisations d’irrigation.

La promenade du bord de mer est le principal attrait de la ville, avec ses multiples cafés et restaurants agréables. Il y a bien, certes aussi, un fort vénitien de 1212, modifié par les Ottomans, et fermant le port, mais il en reste assez peu de choses. Pour les napoléon-olâtre, Ierapetra s’enorgueillit d’avoir hébergé Bonaparte lors de son voyage vers l’Egypte, une seule nuit, mais la maison est fermée et ne se visite pas…

Vers l’Est, tout au long de la côte, un ensemble de criques sont progressivement aménagées avec la construction d’hôtels. La route rentre ensuite dans les terres en direction de Sitia, à Makrigialos une petite ville balnéaire, ce qui signifie « longue plage », tout un programme ! L’endroit était déjà occupé par les Minoens mais la villa, probablement construite vers 1600 av. J.-C, ne se visite pas, ou ne se visite plus.

Il est possible de continuer à longer la côte, dans le golfe de Makrigialos, jusqu’aux gorges de Perivolakia et au petit monastère de Kapsa.

Moni Kapsa est un adorable petit monastère, accroché à la falaise, dominant la mer libyenne, et dont l’église est creusée dans la roche. Son origine remonterait au XVe siècle, mais sa renommée ne date que de la moitié du XIXe avec l’arrivée d’un drôle de paroissien, le moine Gerontoyannis. Celui-ci prétendait avoir le pouvoir de guérir toutes les maladies. A l’intérieur de l’église sont d’ailleurs accrochées de nombreux exvotos sous forme de petites plaquettes en argent, dons des fidèles guéris, et représentant chacune les organes soignés : jambe, yeux, main… Cette coutume du don d’exvotos ayant la forme des organes malades remonte aux Grecs anciens et aux Romains ! Belle permanence inconsciente des croyances et des pratiques dans le temps !

Les pèlerins affluèrent faisant de nombreux dons au monastère. Gerontoyannis fit appel à des artisans renommés pour construire de nouvelles pièces, décorer l’église, peindre des icones. Après son décès, à 75 ans, en 1874, son petit-fils a poursuivi l’aménagement du monastère.

Par une petite porte, à l’arrière du monastère, on peut atteindre une grotte où, dit-on, pendant les dernières années de sa vie, Gerontoyannis allait prier. Deux petits creux dans le sol de la grotte se seraient formés à l’endroit où le « Saint homme » avait l’habitude de poser ses genoux.

Toujours est-il que, malgré son isolement, le monastère est manifestement encore très fréquenté. Des paroissiens y viennent à la messe du dimanche, un jardinet est bien entretenu à flanc de montagne et un moine vous accueille à la porte de l’église.

Liste des articles sur la Crète.

Télécharger le document intégral