Moni Vontrisiou - Moni Khatolico - Moni Gouverneto - De l'architecture de leurs églises

 

Grèce Crete-Moni-Katholiko

Moni Vontrisiou est un autre petit monastère d’architecture vénitienne, du XIVe, perdu dans la montagne, sur le flanc Sud du Mont Ida. Il conserve également un caractère austère de place fortifiée fermée par une haute muraille. A l’intérieur, au milieu de la cour, une petite église aux larges murs et au solide clocher rectangulaire. Sur le côté, contre le rempart, la maison des moines, une simple bâtisse à deux niveaux, avec un long perron de bois au premier étage couvert par une avancée du toit. Elle est composée de pièces en enfilades, ouvertes directement sur l’extérieur. L’ensemble est d’une grande simplicité, à l’image du monde rural modeste et simple qui l’entoure.

Moni Vontrisiou abritait autrefois des peintures du peintre Mikaël Damaskinos (1530 – 1591), aujourd’hui placées au musée d’art religieux d’Héraklion. Ayant vécu à Venise et voyagé en Italie, Damaskinos a introduit dans les icônes certaines des innovations des peintres de la Renaissance italienne : un plus grand souci de la perspective, de réalisme dans le dessin des personnages, l’utilisation de tons couleur chair. Par delà l’impression de permanence dans la peinture des icônes, il y a donc bien, là aussi, des écoles, des innovations, mais que nous ne savons pas apprécier.

Moni Katholico, construit au XIIe en utilisant des grottes naturelles est situé en bord de mer, au Nord de La Canée, au fond d’une vallée abrupte et rocheuse, dans un décor sauvage. Un imposant pont de pierre enjambe le profond ravin, constituant ainsi une petite esplanade plane où pousse une herbe rase dans ce chaos de rocailles abruptes. Le monastère est aujourd’hui abandonné et ses différents bâtiments s’effondrent. Il subsiste néanmoins l’étroite façade de la chapelle creusée dans la haute falaise qui surplombe le monastère. De style vénitien, dans un bel appareillage de pierres blanches, elle comporte deux fenêtres en plein cintre encadrant une porte droite surmontée d’une petite corniche en saillie, le tout sous un fronton triangulaire percé d’un oculus.

Moni Gouverneto, non loin de Moni Katholico, est également une véritable place forte. Carré, il est entouré d’une haute muraille défensive, avec des tours d’angle. C’est un des plus anciens monastères de Crète (XIIe siècle), remodelé à la Renaissance (1548). A l’intérieur, l’effet austère des bâtiments et murailles est atténué par la présence d’arbres et de massifs de fleurs. Au centre de la cour, l’église en forme de croix grecque est surmontée d’une coupole sur un haut tambour. La façade, de style vénitien, est agrémentée de colonnes engagées. La base des futs des colonnes est agrémentée de fines sculptures en bas relief représentant des visages grotesques.

Les monastères crétois sont généralement organisés dans la tradition byzantine : une enceinte carrée délimitant une cour intérieure au milieu de laquelle est isolée l’église. Autour de l’église, accolés au mur d’enceinte, les bâtiments du monastère notamment le réfectoire et les cellules des moines qui s’ouvrent sur un balcon ou des portiques. Ce plan est adapté quand l’église du monastère est située dans une grotte, mais le principe demeure de la cour devant l’église avec les bâtiments conventuels l’entourant. C’est donc un plan assez différent de celui de la tradition catholique où la cour est accolée sur le côté de l’église, entourée des bâtiments conventuels sur les trois autres côtés.

Toutes les églises de ces monastères n’utilisent pas le plan dit « en croix grecque », les quatre bras de la croix ayant la même taille, avec une coupole surmontant la croisée. Nombreuses sont les églises qui ne comportent qu’une, voire deux travées avec une simple voute en berceau. La (ou les) travée se termine par une petite abside arrondie, de taille plus basse. Dans tous les cas, elles sont toujours de taille modeste, avec des ouvertures rares. En conséquence, l’espace intérieur est réduit et sombre. La luminosité est d’autant plus faible que les parois et les voutes sont décorées de magnifiques fresques représentant des scènes de la passion ou des brochettes de saints dans une pose hiératique.

L’autel est dissimulé par l’iconostase, une cloison de bois percée d’ouvertures, pour permettre au clergé de célébrer l’office. L’iconostase est agrémentée d’icones représentant le Christ, la Vierge, saint Jean-Baptiste ou des saints particulièrement vénérés dans l’édifice.

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