Villa de la Hüttelberg-strasse - Stations de métro - Majolika Haus - Postparkasse - Pavillon Sécession

 

Autriche Vienne AuhoF Villa Otto Wagner

Otto Wagner est l’architecte le plus connu de l’Art nouveau autrichien. L’essentiel de son œuvre peut être considéré comme une réaction au style historiciste du Ring, alors que lui-même a commencé ses premières œuvres dans ce style (il faut dire qu’il est le contemporain de ces constructions ayant fait ses études d’architecture de 1860 à 1863). C’est le cas de sa première œuvre, la villa d’inspiration gréco-romano-renaissance de la Hüttelberg-strasse (1888), mais qui est déjà marquée par une grande richesse d’imagination architecturale et décorative : formes pures, coloration vive des décors.

Otto Wagner jouera un rôle de premier plan dans la création du métro aérien de Vienne dont il dessinera les bâtiments. Avec les pavillons des stations de métro, on voit d’ailleurs son style évoluer. La station « Schönbrunn » de 1897, est assez lourde, massive, conservant encore les volumes et les ornementations de l’architecture néo-classique (dôme, œil de bœuf…), alors que les pavillons de la station « Karlplatz » de 1901 sont une affirmation du style Sécession, plus légers et comportant une riche ornementation florale. De couleurs vert et or, ces derniers ont été entièrement rénovés et classés monuments historiques. Face à face, l’un abrite un café tandis que l’autre offre une petite salle d’exposition. C’est un art très raffiné et très délicat. Ces deux petits pavillons se fondent à merveille dans les jardins de la place.

C’est avec la maison du n°38 de la Linke Wienzeile dite « Majolika Haus » (1898), qu’Otto Wagner introduit une rupture dans la décoration de ses œuvres. La façade est recouverte de carreaux de faïence peints simulant un parterre de fleurs et un lierre qui court sur le mur. Elle est aussi ornée de balcons de fer. Cette construction fit, dit-on, scandale à Vienne. A côté, au n°40 de la Linke Wienzeile, on peut admirer une autre des œuvres qu’il a supervisés, la « Maison aux médaillons ».

A partir du début du siècle, Otto Wagner développe une architecture plus fonctionnelle, aux formes géométriques, moins lyrique, c’est le cas avec l’église de l’hôpital psychiatrique de Steinhof (1905). La forme en est très simple, s’inscrivant dans le répertoire classique, un plan en croix latine jouant sur les effets de symétrie et des volumes simples (croix, cube, dôme). La Postparkasse (1906), proche du Ring, en est un autre exemple, avec un plan en U, enfermant dans ses bras une salle couverte d’une verrière de fer, très lumineuse, salle dans laquelle sont situés les guichets pour la clientèle. C’est un bel exemple d’intégration du fer et du verre dans la grande verrière, mais aussi du mobilier de confort avec les discrètes bouches de chauffage en aluminium aux lignes très pures.

Toute l’évolution du style d’Otto Wagner peut se mesurer avec la seconde maison construite par ses soins dans la Hüttelberg-strasse. Formes géométriques très simples, décoration dépouillée, soulignant les lignes verticales de tirets de mosaïque bleue. L’ensemble apparaît très proche des réalisations du Bauhaus, en effet Otto Wagner défendait quatre principes fondamentaux : l’extensibilité des villes grâce au développement des transports en commun, la dignité de la technologie, la dignité du monde des affaires et du commerce, l’usage loyal des matériaux nouveaux qui permettent le dépouillement et la fonctionnalité.

Outre les œuvres d’Otto Wagner, on peut aussi admirer celle de l’un de ses collaborateurs pour la construction des pavillons du métro aérien de Vienne, Joseph Maria Olbrich (1867 / 1908), avec le pavillon Sécession (1898), affectueusement et ironiquement appelé « Le choux d’or » par les Viennois. C’est un bâtiment aux lignes simples, préfigurant les œuvres du Bauhaus, ayant pour seule parure, une coupole constituée de feuilles de laurier dorées. Sur la façade, cette seule affirmation pour souligner que viennent des temps nouveaux : 

« Der Zeit ihre Kunst,
Der Kunst ihre Freiheit »

« A chaque temps son art,
A l’art sa liberté ».

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