Un des dômes les plus élevés de Rome - Des fresques du Domeniquin

 

Rome Sant'Eustachio San Andrea della Valle 01

Le corso Vittorio Emanuele II coupe brutalement en deux le rione San Eustachio. A son intersection avec le corso del Rinascimento, une petite placette dégage la façade de l’église Sant’Andrea della Valle. Ce n’était pas le cas avant la construction du corso Vittorio Emanuele II. En effet, après la place du Gesù, la rue qui traversait Rome en direction de la basilique Saint-Pierre et passait devant Sant’Andrea, musardait en contournant églises, palais, ruines antiques et pâtés de maisons médiévales.

Cette rue formait une section de la « via Papalis » dénommée ainsi parce que le pape récemment élu la parcourait, en qualité de nouvel évêque de Rome, pour prendre possession de son évêché situé à Saint-Jean-de-Latran. Le cortège reliait alors le Vatican, siège de la papauté, au Latran, siège de l’évêché de Rome, en passant par la via Papalis, le Capitole et le Colisée. Au retour, le cortège traversait le Campo dei Fiori.

Giacomo della Porta (1533 / 1602), Carlo Moderno (1556 / 1622) et Carlo Rainaldi (1611 / 1691) ont participé à la conception et la construction de l’église. Les travaux de construction commencèrent en 1591. En 1600, le gros œuvre était terminé à l’exception de la coupole et de la façade. En 1620 fut élevé le tambour octogonal et, en 1650, l’église fut consacrée alors que la façade n’était encore qu’un mur sans parement.

Le dôme, conçu par Carlo Maderno, est le troisième plus élevé à Rome après Saint-Pierre et Saints- Pierre-et-Paul. Il est posé sur un haut tambour octogonal comportant huit grandes fenêtres rectangulaires avec des cadres moulés surmontées de frontons triangulaires. Elles sont séparées par des demi-colonnes géminées à chapiteaux ioniques. Le dôme est elliptique, avec huit grosses nervures de pierre jusqu'à la lanterne. Celle-ci reproduit la même structure que le tambour, octogonale avec huit ouvertures séparées par des demi-colonnes géminées.

La façade en travertin fut édifiée entre 1655 et 1665, sous la direction de Carlo Rainaldi, sur la base du projet de Maderno, mais en accentuant les reliefs et les jeux de lumière. La comparaison avec la façade de l’église voisine du Gesù montre bien les évolutions du baroque : les reliefs sont plus marqués par l’utilisation de demi-colonnes et non de pilastres plats, les niches plus grandes et plus profondes, les corniches, balustres et frontons triangulaires ou curvilignes aux saillies accentuées.

A l’intérieur, l’église impressionne par ses dimensions et, faute d’une décoration et d’un mobilier à sa dimension, elle semble un peu vide, voire froide. La coupole est peinte d'une fresque de Giovanni Lanfranco évoquant « La Gloire du Paradis » (1627). Les pendentifs, qui représentent les quatre Évangélistes Mathieu, Marc, Luc et Jean, sont dus au Dominiquin qui a peint également les scènes de la vie de Saint-André, dans l'abside (1628).

 « L’air si noble, tempéré par une timidité charmante, des figures de femmes qu’il a peintes au-dessus du grand autel, a produit tout l’effet possible, et un si grand effet, que l’on est allé sur-le-champ à la Galerie Borghèse, où nous n’avons regardé que la Chasse de Diane du Dominiquin »[1].