Une pratique religieuse forte – Une croyance à l’universalité de ces pratiques

 

Etats-UNis La Nouvelle Orléans Jackson square

Pour un Européen, mais surtout pour un Français habitué à la laïcité de la vie publique, un des éléments les plus étonnants de la vie américaine est celui de l’importance de l’implantation religieuse et de l’utilisation des références bibliques.

Partout les églises pullulent et poussent comme champignons après la rosée... églises catholiques, réformées, baptistes, des Saints du septième jour, presbytériennes, méthodistes, luthériennes, mennonites, des témoins de Jéhovah, que sais-je encore, car je n’ai jamais réussi à comprendre les différences entre ces différentes chapelles. Chaque village comporte plusieurs lieux de culte ; il est vrai que cela est bien nécessaire avec l’éclatement des différents courants protestants et la prolifération des sectes. Manifestement les deniers du culte permettent d’entretenir parfaitement toutes ces églises.

54% des américains ont une pratique religieuse régulière (16% en France), 34% une pratique occasionnelle (24% en France) et 16% se déclarent sans religion (25% en France).

Pour comprendre la vie sociale locale, nous sommes allés à la messe (catholique) de la cathédrale Saint-Louis à la Nouvelle-Orléans. C’est une église toute blanche à clocher pointu comme dans une de nos villes rurales quand elles ne possèdent pas un monument historique. Dans l’allée centrale, le prêtre accueillait individuellement chacun de ses paroissiens, blancs pour la plupart, et discutait un moment avec chacun d’eux. Sympathique mais peu favorable à l’anonymat. Nous nous faufilâmes dans une travée annexe. Mais, notre incognito fut mis à rude épreuve au début de la messe, chacun saluant cérémonieusement tous ses voisins et leur serrant chaleureusement la main ! C’est gentil, aimable, convivial, mais les paroissiens ont-ils des conduites individuelles et sociales plus respectables pour autant ? Que je sache, le nombre de meurtres, agressions, vols, détournements n’est pas moins élevé aux USA qu’en France ?

Nous n’osâmes pas fréquenter les différentes églises protestantes dans lesquelles semble s’exprimer une ferveur religieuse que nous ne partageons pas ; nous ne sommes pas adeptes de la provocation… mais de la liberté pour chaque individu de croire ce qu’il veut en privé, à condition de ne pas imposer, en public, sa foi ou ses règles (une défense de la « liberté à la française »).

Ce n’est manifestement pas le cas des Etats-Unis. Sur la religion, comme sur d’autres sujets, les USA sont de terribles donneurs de leçon et considèrent le monde comme étant leur arrière-cour où faire régner leur loi. En 1998, le Congrès des Etats-Unis a voté à l’unanimité́ la Loi sur « la liberté́ religieuse dans le monde ». Cette loi portait création, au sein du département d’Etat, d’un poste d’ambassadeur itinérant pour la liberté́ de religion dans le monde ( ! ) et d’un Bureau de la liberté́ religieuse. En vertu de quoi l’Etat fédéral produit, chaque année, un rapport sur la liberté religieuse dans le monde,  transmis au président des Etats-Unis. Ensuite, des recommandations sont faites aux autres pays, par exemple « aux gouvernements de certains pays d’Asie, d’Europe et d’ailleurs (afin) de respecter la liberté́ religieuse de leurs populations musulmanes minoritaires »[1] ! On sait que des interventions politique au plus haut niveau ont eu lieu auprès du gouvernement français contre la loi sur le port ostensibles de signes religieux ou en défendant certaines sectes comme l’église de scientologie !

Quelle serait l’attitude du gouvernement américain si le ministère français des Affaires étrangères produisait un rapport sur le fonctionnement de sa police et de sa justice et que le Président de la République française se permettait de lui conseiller d’avoir une police et une justice plus respectueuses des minorités raciales car, manifestement, on y pratique deux poids et deux mesures ?

« Mange tes chocolats, fillette,
Mange donc tes chocolats !
Ecoute, à part le chocolat, il n’y a pas de métaphysique au monde.

Ecoute, toutes les religions n’enseignent rien de mieux que la confiserie »[2]


[1] Département d’Etat des Etats-Unis. « La liberté de religion ». 2004.