Où l’on prend connaissance des programmes d’échange de l’Union Européenne – De leurs objectifs affichés… et des autres – Mais aussi de l’intérêt d’y participer !

 

Roumanie Programme UE

Dès la fin des années 70, la Commission Européenne a mis en place un ensemble de programmes de financement pour l’organisation d’échanges scolaires, de stages linguistiques et de voyages d’études pour des élèves et étudiants, ainsi que pour des visites de « spécialistes » et « décideurs » de l’éducation.

Ces programmes ont pour noms Socrates, Leonardo da Vinci, Erasmus… tous noms qui fleurent bon l’humanisme et l’échange intellectuel. Leurs objectifs sont en relation avec les noms prestigieux dont ces différents programmes se parent : permettre les échanges de jeunes et d’enseignants, assurer le développement de la coopération transnationale ou promouvoir la diversité linguistique au sein de l’Union Européenne. C’est qu’il faut bien faire rentrer dans la réalité la « libre circulation des personnes » au sein de l’Union alors que les barrières administratives, culturelles et linguistiques restent un frein important aux déplacements professionnels.

Derrière l’objectif de la « libre circulation » des personnes, ce qui se joue aussi c’est la possibilité pour les entreprises d’utiliser la main d’œuvre disponible dans les différents pays de l’Union en faisant pression sur les marchés nationaux de l’emploi, comme sur les différentes législations sociales. La face cachée des échanges scolaires européens, c’est bien évidemment la circulaire Bolkestein qui vise à pouvoir déplacer « librement » la main d’œuvre européenne, c’est à dire en dehors de toutes contraintes administrative et de protection sociale. L’Union Européenne fait le pari que ces différents programmes participeront à la libéralisation progressive du marché du travail à l’image de celui des marchandises.

Ce ne sera peut-être pas si facile, car déplacer les hommes c’est aussi améliorer leurs connaissances, faire circuler les idées et aiguiser leur sens critique. Faisons le pari, à l’inverse de celui de l’Union, que ces différents programmes participeront à faire connaître les conditions de vie et de travail dans les différents pays de la communauté et qu’ils développeront des exigences plus élevées de revenu comme de protection sociale !

C’est dans cet objectif, que j’ai participé à la mise en place, en France, de visites d’étude dans le cadre du programme « Arion » pour des spécialistes européens de l’éducation afin de leur faire connaître le système éducatif français, mais aussi pour échanger sur nos pratiques et nos expériences. L’expérience avait été intéressante et agréable ; elle réunissait des représentants de l’Europe du Sud, Bulgares, Espagnol, Grec, Italiens, et… un Autrichien ! Tous responsables du fonctionnement de systèmes éducatifs, inspecteurs de l’enseignement ou directeurs d’établissements.

Chaque année, l’Union accorde environ deux mille bourses pour des « spécialistes » et « décideurs » de l’éducation et ce sont donc aujourd’hui plus de vingt six mille personnes qui en auraient bénéficié. Si l’Union Européenne attribue une subvention aux participants pour couvrir leurs frais de déplacement et de séjour, les frais de réalisation de la visite d’étude restent à la charge du pays organisateur. Ce qui est nettement moins agréable compte-tenu des financements très médiocres (pour ne pas dire nuls) attribués par les ministères français plutôt rapiats pour ce genre d’opération. En conséquence, il fallut constamment jongler avec la bonne volonté des chefs d’établissement et la disponibilité des collègues pour réaliser des visites, des rencontres, disposer de salles de travail, de moyens de déplacement, sans parler de l’organisation, deux fois par jour, des pauses café ! 

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