Une visite par paquets de touristes - Une réalisation non moins spectaculaires, le dôme de béton de la colline artificielle

 

Egypte Abou Simbel David Roberts

Pour « des raisons de sécurité », les visites aux temples d’Abou-Simbel ne sont possibles que trois jours par semaine, les lundi, mardi et mercredi de sept à dix heures, avec un départ des véhicules en convoi à partir d’Assouan.

Aussi à quatre heures du matin, tous les autocars de tourisme se concentrent-ils à la sortie de la ville, soixante à soixante-dix cars aujourd’hui, avant de s’élancer dans le désert pour deux cent cinquante kilomètres en suivant une voiture de police qui ouvre le convoi. Cette précaution est prise, soi-disant, par peur des attentats... bien qu’il m’apparaisse plus facile de jeter une grenade sur un groupe de touristes au Caire ou à Assouan que de mitrailler un autocar dans un désert déjà truffé de forces de sécurité.

Les deux temples d'Abou-Simbel ont été construits par Ramsès II (-1304 / -1213) pour son culte et celui de son épouse Néfertari.

Les deux à trois mille touristes sont donc jetés tous ensemble sur le site, à la même heure, pour une durée des plus courtes, trois heures. Cette organisation entraîne des bousculades dans les deux temples bousculades qui n’ont rien à envier à celles du métro parisien à 6h du soir. Colossaux à l’extérieur, l’intérieur des temples est petit, les salles étroites et il devient très difficile de prendre du recul pour observer les reliefs sculptés d’autant que nous sommes très nombreux. Ajouter à cela que la chaleur devient vite intolérable car les roches restituent fidèlement la chaleur qu’ils ont emmagasinée la veille.

Avec les pyramides, les temples d’Abou-Simbel sont les monuments les plus connus d’Egypte. Consacrés à Ramsès II, Ramsès « Le Grand », ces temples, creusés dans la falaise de grès, ainsi que les quatre colosses d’une vingtaine de mètres de hauteur qui les précèdent, ont également fait l’objet d’une campagne de protection par l’UNESCO pour éviter d’être submergés par les eaux du grand lac Nasser.

Ils ont été complètement démontés puis ensuite remontés, plus haut, sous un vaste dôme de béton qui reconstitue une colline artificielle s’efforçant de reproduire la forme de la falaise originelle... Sur les anciennes photographies, on peut constater que le Nil était plus proche des colosses monumentaux lesquels étaient dominés par une haute falaise oblique. L’ensemble apparaissant gigantesque, démesuré, prométhéen. Aujourd’hui, les temples sont loin du Nil qui ne les approche plus et la falaise est rabotée, amoindrie, transformée en une colline aux pentes douces. En conséquence, les colosses pourraient apparaître plus imposants, mais au contraire, ils ont perdu leur sauvage grandeur.

L’intérieur du dôme, creux, se visite. D’une passerelle surélevée, on peut y observer la place des différentes chapelles du sanctuaire, chacune étant enfermée dans un sarcophage de béton. L’ensemble fait plus penser à une enceinte de confinement d’une centrale thermonucléaire qu’à l’enveloppe d’un temple égyptien !

Un petit groupe de jeunes adultes américains, noirs, visite également la coupole. Très « afro », cheveux tressés, torses nus, vêtements voyants, colifichets autour du cou, ils posent de nombreuses questions en rafale à leur guide, sans vraiment écouter les réponses :

  • « Et ça qu’est ce que c’est ? »
  • « Ce sont des appareils d’enregistrement des mouvements sismiques ».
  • « Et ça qu’est ce que c’est ? »
  • « Des fils témoins pour évaluer l’ampleur d’éventuels déplacements de la voûte ».
  • « Et ça qu’est ce que c’est ? »
  • « La sortie »... Humour volontaire ? Involontaire ? Ou désir d’en finir ?

Au retour, même programme qu’à l’aller. Tous les autocars regroupés partent ensemble, précédés de la même voiture de police.

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