Un bilan contrasté  mais plutôt positif néanmoins 

 

Egypte Nil David Roberts

« Un voyage est comme un mariage ; on se voit jour et nuit ; on se pratique, on ne se contraint guère ; on a souvent du malaise et quelquefois de l’humeur. (…) Il y a ici deux autres gentilshommes français qui avouent de bonne fois que de partie faite ils s’étranglent tous les matins ; encore conviennent-ils que cela vaut mieux que d’être seul en pays étranger et ils ont raison »[1].

Certes, il fallait parfois attendre quelques personnes, souvent les mêmes d’ailleurs...

Certes, il convenait de toujours s’asseoir aux mêmes places, dans les cars ou à table…

Certes, les visites étaient parfois perturbées par les jeux des enfants...

Certes, il y avait quelques soirées un peu trop conviviales à mon goût, mais la présence de chacun n’y était pas obligatoire...

Certes, il y avait aussi  quelques arrêts convenus dans des boutiques à objets touristiques sans grand intérêt…

Mais nos appréhensions ont été généralement vaines. Les touristes, les « autres », ne sont pas la caricature que l’on se plait à faire. Ils sont tout simplement à notre image.

Au contraire de nos appréhensions, nous avons découvert des participants curieux, ayant souvent voyagé de par le monde, se renseignant avec sérieux et application, désirant connaître la réalité de l’ancienne Egypte comme de la nouvelle, respectueux des autres et de leurs différences, et nous n’entendîmes jamais de jugements lapidaires ou déplacés sur le pays et ses habitants.

« Cela est un phénomène de société, et 70 % à 80 % des vacanciers sont désormais, non seulement dans leurs têtes, mais aussi dans les faits, y compris sur le plan international, de « libres voyageurs ».

Que cela nous serve de leçon, à nous tous qui proclamons avec la même unanime bêtise que nous ne voyageons pas « en touristes » »[2].

Si l’expérience est positive, nous ne sommes néanmoins pas sûr de la recommencer, aimant par dessus tout à voyager à notre rythme, sans contraintes autres que celles que nous nous donnons.

 Egypte, août 1996 / Montpellier, septembre 1996.

Revu en juillet 2015


[1] Président de Brosses. « Lettres d’Italie ». 1740.

[2] Jean Didier Urbain. « L'idiot du voyage - Histoire de touristes ». 1993.

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