La colonne de Marc-Aurèle - La galerie Alberto Sordi, ex Colonna

 

Rome Colonna colonne de Marc-Aurèle

La via Bergamachi débouche sur la piazza Colonna laquelle doit son nom à la colonne dite de Marc-Aurèle. La colonne était autrefois située au milieu d'un vaste complexe monumental comprenant le Temple de Marc-Aurèle, érigé par le Sénat et le peuple de Rome après sa mort en 180.

La colonne, de 100 pieds romains de haut, soit 30 mètres, est composée de vingt huit blocs de marbre superposés et évidés, comme dans la colonne Trajane, pour y intégrer un escalier intérieur.

 « La forme totale de la colonne Antonine n’est pas bonne ; elle fait le tuyau de poêle (terme d’artiste) ; mais l’ensemble de la place est fort joli »[1].

Comme une longue bande dessinée, la frise en spirale raconte la guerre victorieuse des Romains contre les Germains et les Sarmates, un peuple d’origine Scythe, au cours des deux campagnes de Marc-Aurèle en 172 / 173 et en 174 / 175.

« D’ailleurs, elle est toute noircie et gâtée d’un côté. On prétend que ce sont les Goths qui, en haine de ce que les victoires rapportées sur eux faisaient le sujet de ces sculptures, les ont ainsi défigurées par le feu, n’ayant pu venir à bout de jeter à bas le monument en entier »[2].

La statue située au sommet de la colonne n’est plus celle de l’empereur, mais celle de Saint-Paul. C’est Sixte V qui fit placer cette statue en bronze doré lors de la restauration de la colonne en 1589.

De l’autre côté du Corso, la Galerie « Alberto Sordi », ex Galerie « Colonna » inaugurée en 1922, a été construite sur l’emplacement du palais Piombino détruit en 1889. La réalisation de cette galerie est liée à l'installation de la Chambre des Députés dans le palais de Montecitorio et au projet d’agrandissement de la Place Colonna. L’emplacement resta longtemps inoccupé, la municipalité ne sachant que construire à la place du palais qu’elle avait fait détruire ! Finalement, il fut proposé de réaliser une galerie couverte comme dans les grandes capitales européennes où les villes de Milan et de Naples qui possédaient déjà ces magnifiques passages couverts.

Fermée et laissée à l'abandon dans les années 1980 et 1990, la restauration de la galerie a permis de reconstituer la décoration d'origine : mosaïque du sol, verrière avec ses carreaux colorés, décorations et luminaires. La galerie rénovée a été inaugurée en 2003 et porte le nom du célèbre acteur romain décédé la même année.

Extérieurement, rien ne laisse imaginer que cette façade assez quelconque, très fin de siècle avec ses pilastres et colonnes géminées, bien que datant de 1922, s’ouvre sur une vaste galerie couverte. Celle-ci a la particularité d’être en forme de Y. Elle devait permettre aux bourgeois de se promener en famille dans un endroit abrité et calme, un espace protégé, entouré de boutiques de mode et comportant des cafés où discuter dans un lieu ouvert mais couvert ! Les deux branches sont fermées par une porte en baie serlienne, le passage est large, spacieux, décoré de marbres et de pilastres, protégé par une toiture aux verres colorés.

« Lueur glauque, en quelque manière abyssale, qui tient de la clarté soudaine sous une jupe qu’on relève d’une jambe qui se découvre »[3].

Les boutiques de mode et les joailliers sont toujours là, les cafés aussi, et une grande librairie, Feltrinelli, qui propose une gamme étendue de guides, de livres, de CD. C’est une librairie comme on aimerait en voir beaucoup, mettant en valeur des piles d’ouvrages des plus grands auteurs… Une débauche de littérature mondiale de la plus grande qualité, malheureusement pour moi, et heureusement pour mon porte-monnaie, essentiellement en italien.


[1] Stendhal. « Promenades dans Rome ». 1829.

[2] Président De Brosse. Lettres d’Italie. 1740.