Un petit air colonial – Un voyageur célèbre, Christophe Colomb

 

Portugal Madère Funchal

Funchal est le chef-lieu de l'île et de la région autonome de Madère qui regroupe les différentes îles de l'archipel. Le centre ville ancien, de taille modeste, a conservé un air colonial avec la présence d’arbres et fleurs exotiques. Les bâtiments publics, les églises, reproduisent les caractéristiques de l’architecture portugaise : façades crépies de couleur, blanche le plus souvent mais aussi saumon, présence des azulejos, les pieddroits, voussures, impostes et frontons ont des formes arrondies, torturées, les corniches, pilastres, colonnes, angles sont composés de pierres aux teintes sombres, le sol des places est composé de carreaux, celui des trottoirs de petits pavés de couleurs blanche et noire, formant des dessins géométriques ou des volutes florales.

Si le centre ancien est relativement modeste, Funchal a manifestement « explosé » ces dernières années avec la colonisation par une multitude de villas blanches des versants montagneux qui la domine. La ville compte désormais plus de 110 000 habitants soit près de la moitié de la population de l’île.

Au cœur de la vieille ville, le « mercado dos lavradores », d’architecture 1930, présente un magnifique bouquet de toutes les fleurs, légumes, fruits et poissons que l’île peut porter : poinsettias, patates douces, barracudas, mangues, hibiscus, wahoo (une sorte de maquereau), ignames, vanneries de toutes formes, strelitzias, galettes de pain sans levain pour confectionner le « bolo do caco » servi avec du beurre d’ail, anthuriums, énormes thons ventrus, pommes cannelles. Et bien sûr la fameuse « espada », une effrayante bête, noire comme le jais, longue comme une anguille, aux yeux énormes et à la puissante mâchoire ; c’est un poisson des profondeurs que les pêcheurs madérinss remontent la nuit grâce à des lignes de plus de huit cent mètres de long et qui est néanmoins délicieux accompagné d’un lit de bananes douces !

Compte-tenu de la taille modeste du centre ville, il est préférable d’aller faire une randonnée sur un des nombreux sentiers de l’île quand un de ces monstres de bateau de croisière débarque brutalement ses trois ou quatre mille passagers pour quelques heures d’escale !

D’après les chroniques, Christophe Colomb aurait résidé sur l’île de Madère. Son voyage à Madère constituerait même sa première grande navigation, les précédentes étant plutôt constituées de cabotage commercial dans la Méditerranée ou la mer du Nord. Il y est envoyé en 1478 par un marchand génois de Lisbonne pour y acheter du sucre. L’île était alors couverte de champs de canne et, avant la découverte de l’Amérique par ce même Colomb, elle était le principal fournisseur des pays européens pour cette denrée encore rare.

Toujours est-il que le voyage à Madère lui réussira plutôt bien puisqu’il y épousera une jeune fille appartenant à une grande famille locale, Dona Felipa Perestrelo y Moniz, fille d’un des pionniers de la colonisation à Madère et premier gouverneur de Porto Santo, et petite fille d’un proche compagnon d’Henri le Navigateur. En outre, la famille Perestrelo possédait tous les droits d’exercice du commerce sur Madère !

Bien entendu, dans ce contexte, il fait le négoce du sucre entre Lisbonne et Madère, puis il revient s’installer à Lisbonne en 1481, après avoir séjourné à Funchal et Porto Santo où serait né son premier fils. Malheureusement, Funchal ne possède pas une maison de Christophe Colomb à exhiber ! Est-ce suite aux destructions opérées lors du siège de Funchal par le corsaire français Bertrand de Montluc en 1566 ? Une maison « Christophe Colomb » aurait certainement constitué un atout touristique complémentaire pour l’île, mais c’est sa voisine, Porto Santo, qui en profite sans que l’on soit bien sûr que Christophe Colomb ait bien résidé dans cette maison !

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