Les levadas, de petits canaux d’irrigation en courbes de niveau – Des sentiers agréables de randonnée 

 

Portugal Madère Levada

Les levadas sont de petits canaux qui drainent l’eau d’écoulement superficiel et récupèrent l’eau des sources. Elles permettent le transport de l’eau des hauteurs des montagnes vers les terrasses de culture situées plus bas, entre huit cent mètres et le niveau de la mer. Mais elles assurent aussi une répartition de l’eau des pentes situées sur les flancs Nord de l’île, davantage mais aussi plus régulièrement arrosées, vers celles du côté Sud, plus arides mais plus propres aux cultures car moins pendues.

Le réseau primaire de levadas est composé de petits canaux, d’une profondeur d’une quarantaine à une soixantaine de centimètres, courant à flanc de montagne en suivant les courbes de niveau, à une altitude moyenne de huit cent mètres, juste au-dessus des champs cultivés. Sur le flanc d’une montagne, les levadas vont donc se succéder en altitude selon les différentes courbes de niveaux. La distribution de l’eau dans les parcelles de culture s’effectue par tranches horaires, la répartition entre les champs étant assurée par les « lavadeiros » qui ferment très sommairement avec des pierres et des chiffons les orifices des prises d’eau des canaux secondaires.

Les levadas représentent environ deux mille kilomètres de conduites, dont quarante en tunnel, toutes creusées à la main, et ce depuis plusieurs siècles même si la plus grande partie d’entre elles ont été réalisées à la moitié du XXe siècle. Madère étant un caillou montagneux posé dans la mer, le creusement des levadas fut donc une entreprise difficile réalisée d’abord par des esclaves ou des forçats, puis par des ouvriers salariés.

Si aujourd’hui l’eau des levadas sert encore principalement à l’irrigation des terrasses de cultures, elle permet aussi l’adduction en eau des villes et même la production d’électricité. La dernière utilisation trouvée au réseau de levadas est celle de lieu de promenade pour touristes ! En effet chaque levada est longée d’un petit chemin pour permettre aux laveideros d’en effectuer l’entretien et d’aller ouvrir et fermer les vannes des réseaux secondaires.

Ces sentiers, plats, bien entretenus, permettent de longues marches tranquilles dans la montagne, à l’ombre des pins, des chênes ou des eucalyptus, en longeant d’énormes massifs d’hortensias sauvages et d’agapanthes. C’est le moyen rare de marcher en montagne sans jamais monter ni descendre ! Aussi voit-on se développer à Madère un nouveau tourisme, celui des randonneurs qui, armés de bonnes chaussures et d’une lampe de poche pour traverser les tunnels, arpentent les sentiers de l’île. Comme l’île n’est pas très grande, pourvue d’un bon réseau d’autocars, il est facile de faire chaque jour des sentiers différents ou de trouver des hébergements dans les très nombreux petits villages qui parsèment la montagne.

Un couple d’Anglais a d’ailleurs produit un remarquable petit ouvrage, traduit en plusieurs langues, qui recense les principales randonnées à effectuer au long des levadas, en notant les distances, leurs principales difficultés, mais aussi les moyens d’accès, les équipements nécessaires, le tout accompagné de cartes[1].


[1] John et Pat Underwood. « Paysages de Madère – Excursions, randonnées, pique-nique ». 1997.

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