Les différents indices qui devraient permettre d’identifier Pepe Carvalho, le meilleur détective de Barcelone

 

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Nous n’avons plus que deux solutions, soit faire une déclaration à la police et essayer de récupérer quelque argent pour retourner en France, soit chercher l’aide du détective privé le plus connu de Barcelone, Pepe Carvalho, et de ses acolytes. Eux seuls peuvent identifier et nous retrouver nos voleurs dans la ville. Mais pour retrouver nos voleurs et nos portefeuilles, il faut déjà pouvoir dénicher la bande à Carvalho et, si les indices en notre possession pour ce faire sont nombreux, ils n’en restent pas moins assez flous. Récapitulons…

Premier indice, le lieu du siège social de la société « Carvalho » : un petit bureau d’environ 30 m2 dans une vieille maison faisant fonction jadis de bordel, la maison close de Madame Petula, quelque part du côté de la Rambla de Las Florès et du marché de la Boqueria, en limite du Barri Xino (Barrio Chino pour les récalcitrants à la nouvelle mode nationalo-catalaniste).

Second indice permettant de préciser l’endroit, l’immeuble est aujourd’hui transformé en business-center de seconde zone où logent des agences de sociétés d’affaires plus ou moins miteuses : des fabricants d'eau de Cologne, un avocat de pseudo-gratteurs de guitare, un gérant, un journaliste désireux de se perdre dans les bas-fonds de la ville pour écrire un roman sur le réalisme urbain, une vieille pédicure, une modiste, un mini-salon de coiffure pour clients fidèles depuis la grande Exposition de 1929, quelques studios habités par des joueurs de pelote du fronton Colon et des garçons de l'ensemble Barcelona By Night…

Troisième indice, mais qui ne pourra être vérifié que quand les deux précédents auront été élucidés, un mobilier de privé des années 40 rescapé d’un décor pour producteur de films de série B, avec imitation de scénario à la Humphrey Bogart, le tout enrobé d’une odeur persistante de « Condal » N°6.

Et enfin, quatrième indice, beaucoup plus original, des livres, des tas de livres, trois mille cinq cent et, parmi eux, le théâtre de Garcia Lorca, de Becket, la poésie de Padròn, les romans de Blasco Ibanez, de Kazantzakis. Mais ce dernier indice est néanmoins d’une fiabilité douteuse quand on sait à quelle vitesse Carvalho utilise ses ouvrages pour chauffer son bureau. Indice complémentaire, quelques ouvrages magnifiquement reliés dont « La Quête » de Baroja et « La Volonté » d’Azorin, constituant les premiers achats de bibliophile de Carvalho et dont on peut penser qu’il les conservera un peu plus longtemps. Jusqu’à ce que nous le retrouvions ? Sans oublier la présence d’une petite cuisine avec un réfrigérateur qui devrait nous permettre de ne pas confondre le bureau de Carvalho avec celui d’un avocat marron ou d’un libraire en faillite !

A défaut, on pourrait aussi essayer de lever le loup dans sa tanière : une grande maison des années vingt sur la colline résidentielle de Vallvidrera, à l’écart de la ville, maison où l’on arrive par un chemin de terre entre des villas historiées et dont on sait aussi qu’elle est située à proximité de la tour de communication de l’architecte Norman Forster construite à l’occasion des Jeux Olympiques de 1992.

Et pourquoi pas essayer de rôder autour des étals de la Boqueria, le marché situé sur les Remblas, le lieu de prédilection de Carvalho ? On sait qu’il est plutôt grand, brun, qu’il doit avoir aujourd’hui une cinquantaine bien sonnée, qu’il s’habille, ou s’habillait, chez des tailleurs des beaux quartiers mais que sa mise lui importe peu. Est-ce bien suffisant pour le repérer parmi tous les Catalans qui font leurs emplettes au marché de la Boqueria ? Tout cela est quand même bien mince et relativement aléatoire. D’ici à ce qu’on déniche notre Carvalho, nos voleurs auront tout le temps de dépenser nos francs, nos pesetas et d’utiliser nos cartes bleues.

Le plus sage, dans un premier temps, est donc d’aller faire une déclaration de vol à la police. D’autres catalans, toujours forts civils mais honnêtes, eux (!), nous aident alors à trouver le commissariat, à faire notre déclaration, à téléphoner à la banque pour interdire toute utilisation des cartes de crédit, à trouver notre hôtel et, miracle, à obtenir de notre assurance une avance d’argent laquelle nous est dépêchée illico-presto par leur correspondant local ce qui nous évite de retourner la queue basse à Montpellier.

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