Des offices religieux très suivis – Le développement du très petit commerce

 

Pologne Catholiques

De Legnica à Varsovie, il n’existe pas d’autoroute et la route nationale traverse de nombreux villages. Il faut dire que la population rurale est encore très nombreuse en Pologne : près du tiers de la population active travaille dans le secteur agricole, alors qu’en France ce chiffre est désormais inférieur à 5 %.

Dans chacun des villages, nous croisons de nombreux groupes familiaux qui se dirigent vers l’église. Tous endimanchés, les hommes portent un chapeau et les femmes un fichu. Les églises sont si fréquentées, qu’une partie de la population doit suivre l’office à l’extérieur, sur le parvis, et debout ! L’image apparait totalement insolite aux yeux des Français. Toute la population des villages doit d’ailleurs suivre le culte car, pendant les horaires de la messe dominicale, nous traversons des villages totalement déserts à l’exception des parvis des églises.

En partant de Legnica, nous avions eu une prémonition du phénomène car, au long de la route, tous les calvaires, toutes les statues de saints et de vierge Marie, érigés à la croisée des chemins, sont non seulement très bien entretenus, mais toujours soigneusement agrémentés de petits bouquets de fleurs fraîches.

Après la messe, les villages retrouvent leur animation et les routes leurs carrioles tirées par un cheval, de longues et étroites charrettes à quatre roues montées de pneumatiques, qui avancent tranquillement. Le réseau routier a d’ailleurs été adapté à cette fréquentation hippomobile, les routes les plus fréquentées possèdent une large bande asphaltée, de chaque côté, réservée au trafic des carrioles à chevaux.

Au vu de l’habillement des habitants, de l’état de leurs maisons et de leurs voitures, les paysans polonais semblent vivre assez chichement. En 1989, 30% de la population polonaise produisait 12% de la production nationale, sur de toutes petites structures d’exploitations, des surfaces souvent inférieures à 5 hectares (7 à 8 hectares en moyenne). Les parcelles de culture sont elles-mêmes petites, les troupeaux composés d’un nombre restreint d’animaux, les tracteurs et les machines agricoles sont encore peu fréquents ou de faible puissance. Il existe bien quelques grosses coopératives d’Etat (18% des surfaces agricoles) mais celles-ci ont une productivité inférieure de 30% à celle du secteur privé, malgré des taux d’équipements bien supérieurs.

Avec l’évolution des politiques économique et du commerce extérieur, les échanges de la Pologne se sont réorientés vers les pays occidentaux en perdant ses exportations vers l’URSS mais en ayant, à contrario, la concurrence des importations des produits de la Communauté Economique Européenne. Par ailleurs la libéralisation de l’économie a entraîné l’augmentation des prix des consommations intermédiaires (engrais, produits phytosanitaires, matériel agricole) et donc une baisse des achats de la part des producteurs agricoles. La conséquence, en 1992, c’est que la Pologne n’assure plus la couverture de ses besoins en produits agricoles et alimentaires.

Autre sujet d’étonnement, le nombre élevé de petits débits de boisson installés au bord des routes : quatre chaises de jardin, deux tables, un parasol, une glacière dans un verger ou sur un parking, et cela vous fait une buvette ! La route en est toute transformée, comme si elle traversait une cité balnéaire ou longeait une plage un jour d’été.

Il existe également de nombreux petits marchés « improvisés » sur les bas-côtés des routes. A un carrefour, ou au long d’une voie permettant aux véhicules de se stationner, sont garées des séries de voitures russes, de vieilles Lada ou des Moskvitch fatiguées. L’étal est situé sur le capot du véhicule et les propriétaires y proposent toute une série d’objets hétéroclites, du cadenas aux luminaires futuristes en passant par des livres, de la quincaillerie, des dentelles ou des vêtements.

La libéralisation de l’économie semble avoir libéré les énergies ou, peut-être, à contrario, entraîné la population dans la pauvreté par suite des vagues successives de licenciements dans les entreprisses nationales et d’une forte augmentation du coût de la vie. Pour pouvoir tout simplement « vivre », il faut désormais tout tenter.

Liste des articles sur Pologne, un voyage écourté.

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