Un modèle techniquement dépassé – Gdansk ou Dantzig ?

 

Pologne Polski Fiat 125

Faute de pouvoir nous rendre à Gdansk dans notre voiture, notre hôte nous propose très aimablement de nous y conduire dans sa voiture, une Fiat « Polski ».

La Fiat Polski est un modèle dérivé de la Fiat 124, une berline sortie des usines de Turin en 1966. La 124 était un des premiers modèles compacts de la marque italienne avec, autre innovation, un moteur situé à l’avant, d’une cylindrée de 1200 cm3 - elle pouvait rouler à 140 km/h maximum - et une boite de vitesses à 4 rapports, tous synchronisés. Près de trente ans plus tard ce modèle est toujours monté en Pologne, avec quelques aménagements notamment pour la résistance au froid, mais il a dès lors beaucoup vieilli dans ses caractéristiques techniques en regard des véhicules produits en Europe de l’Ouest.

Entre Varsovie et Gdansk, distantes de 400 kilomètres, nous nous relayons pour la conduite. La voiture n’est pas toute neuve, elle est poussive et freine particulièrement mal, autant dire qu’il faut être vigilant au volant car  sur la route circulent toutes sortes de véhicules à moteur mais aussi à crottin. Mais, il est vrai qu'il y a certainement beaucoup moins de chance que cette voiture soit volée !

Gdansk a bien des résonnances avec l’histoire. Ville hanséatique du Moyen-âge, elle est aussi l’ancienne ville libre de Dantzig, prétexte des nazis à l’origine de la seconde guerre mondiale, et enfin, avec les ouvriers de ses chantiers navals, un des éléments de la chute du régime communiste en Pologne en 1989.

« Vinrent d’abord les Rugiens, puis les Goths et les Gépides, ensuite les Kachoubes dont Oscar descend en ligne directe. Peu de temps après, les Polonais envoyèrent Adalbert de Prague. Il vint avec la croix, et les Kachoubes ou Borusses l’occirent avec la hache. Cela arriva dans un village de pécheurs appelé Gyddanyzc. De Gyddanyzc on fit Danczik, Danczik devint Dantzig, qui plus tard s’écrivit Danzig ; et aujourd’hui Danzig s’appelle Gdansk »[1].

Gdansk est sous suzeraineté polonaise à la fin XIIIe siècle mais, en 1308, les Chevaliers teutoniques s’emparent de la ville, massacrent ses habitants et conservent la région qui est, de fait, annexée à la Prusse. La population de Dantzig est  composée de Cachoubes, une population Slave parlant le vieux polonais, et de colons allemands. En 1310, Dantzig adhère à la Hanse une association des villes marchandes des mers du Nord et Baltique, comprenant notamment Lübeck, Hambourg et Brême, et qui a un monopole sur le commerce de la région. Dantzig devient un lieu d’échange important dans le commerce des marchandises en Europe du Nord.

En 1454, Dantzig est reconquise par les Polonais sans que cela ne change son rôle économique et son rayonnement international. C’est ensuite une ville libre dans la République nobiliaire de Pologne bien qu'elle ait une population en majorité allemande. Au XVIe siècle, la ville acquiert la liberté religieuse et attire des minorités très actives, des Mennonites hollandais et écossais, des Huguenots et des Juifs. Cette diversité renforce encore la puissance et l’épanouissement de la ville.

L’âge d’or prend fin au XVIIIe siècle. La ville est annexée à la Prusse pendant le dernier partage de la Pologne, en 1795, et elle devient la capitale de la Prusse-Occidentale jusqu'en 1920.