Un lac Léman en plaine – Lieu traditionnel de villégiature

 

Hongrie Balaton Tihany 1

Le lac Balaton est une sorte de lac Léman sans son écrin de montagnes mais avec le même charme. Tout autour s’éparpillent de petites bourgades composées de coquettes maisonnettes, de grands hôtels et des résidences de repos. Sur le lac, de fins bateaux blancs à roues à aubes se promènent nonchalamment en faisant escales dans de petits ports. Avec 77 km de long pour 15 de large, le lac est alimenté par une trentaine de cours d'eau et ses eaux se jettent dans le Danube. Bien que sa profondeur soit très faible, 3 mètres de profondeur moyenne avec un maximum de 12 mètres, il joue un rôle modérateur sur le climat permettant la création d’une petite riviera. Il n’est donc pas très étonnant que ce lac soit devenu le lieu de villégiature préféré des Budapestois.

A la fin des années 90, notre délégation française aux rencontres de l’enseignement agricole était logée dans un grand hôtel situé au bord du lac. C’était manifestement une construction de la période socialiste, un grand parallélépipède sans grâce, avec d’interminables couloirs le traversant de part-en-part pour desservir une double rangée de chambres à la manière de nos constructions économiques des années 60. Il devait alors accueillir des ouvriers et des employés des entreprises d’Etat hongroises et des autres républiques socialistes, Allemands de RDA, Soviétiques, Polonais… Ils venaient en groupes, ou délégations, pour une semaine de congés dont le coût était généralement pris en charge par le syndicat de l’entreprise. Au cours des séances d’accueil des délégations des pays frères, la salle de restaurant a dû régulièrement résonner des toasts portés à l’indéfectible amitié des peuples des différentes républiques socialistes et des saluts fraternels adressés aux camarades du premier Etat socialiste au monde, l’URSS. Après quoi, outre de franches accolades et de vigoureuses poignées de main, les vacanciers ont dû s’échanger de petits souvenirs : insignes, médailles, broches et pin’s avec la tête de Lénine, l’étoile rouge, comme nous l’avions constaté en RDA et en URSS…

Mais tout cela était déjà bien terminé à la veille du nouveau millénaire et il avait fallu s’adapter à la nouvelle situation économique et politique. Plus de camarades travailleurs des pays socialistes frères mais des cars entiers de séniors allemands. Le mobilier « moderniste » des années soixante, sombre et de médiocre qualité, disparaissait remplacé par des meubles cossus, confortables et pratiques, en bois blond à la mode germanique. Le personnel aussi avait dû s’adapter, car c’est le client qui était maintenant le roi et il n’était plus question de le faire attendre et de lui imposer des horaires rigoureux pour ses repas, faute de risquer de perdre la clientèle ! Le personnel avait encore du mal à se faire à ce changement de paradigme quand, autrefois, le « camarade en villégiature » devait s’adapter aux horaires de travail et pauses du « camarade travailleur » !

En 2015, le pli a manifestement été pris. Le service dans les locations et restaurants s’est aligné sur les pratiques commerciales et les habitudes des pays d’économie marchande. Autour du lac Balaton, chacun s’efforce de capter une partie de la manne touristique : les locations d’appartements, les hôtels et restaurants se sont multipliés, l’accueil est agréable, chaleureux, les cartes des auberges diversifiées et attirantes, généralement traduites en allemand, parfois en anglais. C’est que la région du Balaton est la deuxième région la plus fréquentée par les touristes en Hongrie après la capitale, Budapest. Dernier petit problème à résoudre néanmoins : le dimanche midi presque tout est fermé, y compris les restaurants !

Le tourisme en Hongrie c’est 12 millions d’entrées de personnes et près de 6 milliards de dollars de recette (2014). Le tourisme pèse pour 5.3% du PIB (2006) et emploie 355 000 personnes, soit 9.2% de la population active. Si la Hongrie est la 24e destination touristique mondiale en terme d'arrivées (Allemands puis Russes, Autrichiens, Anglais et Italiens), elle n’est que la 43e destination pour les recettes du tourisme. Le gouvernement hongrois souhaite pouvoir développer les recettes en attirant les habitants des pays à hauts revenus grâce à des prix compétitifs (en moyenne environ 20% moins élevés qu’en France) mais aussi par des efforts de restauration des monuments, d’aménagement des centres historiques, d’amélioration des réseaux routier et de chemin de fer qui, sans être médiocres, ne sont toutefois pas aux normes occidentales et il promeut la gastronomie et les vins hongrois.

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