L’Institut français à Vizivàros – Une éclosion de réalisations d’architecture contemporaine

 

Hongrie Budapest Institut Français

Dans les années 90, l’architecture moderne apparaissait peu représentée à Budapest sinon par des hôtels internationaux sur les berges du Danube et la colline de Buda, immeubles strictement fonctionnels et d’apparence plutôt peu imaginative. L’Institut Français de Budapest apparaissait alors comme une des rares constructions nouvelles. Il est situé Fö útca, au bord du Danube, dans le quartier Vizivàros, au pied de la colline de Buda et du Château Royal et quasiment en face du bâtiment gothico-renaissance du Parlement. Construit à l’emplacement de l’ancienne ambassade de France par l'architecte Georges Maurios, il a été inauguré en 1992.

Côté rue : verre et métal brossé, ne tranchant pas véritablement sur l’aspect des façades mais affirmant néanmoins la fonction différente de l’immeuble par la disposition de ses ouvertures. Côté cour un grand mur vitré de plusieurs étages éclaire escaliers, couloirs, bar et salles de réunion et d’exposition. Mais surtout l’édifice est ainsi ouvert sur une cour intérieure entourée de bâtiments sur les façades desquelles courent des coursives permettant aux habitants de se rendre dans leurs logements, mettant ainsi en évidence une des caractéristiques de l’architecture d’habitation de Budapest du début du XXe siècle. Ces cours avec coursives avaient pour objectif d’éviter la ségrégation sociale par quartiers, bourgeois et ouvriers habitant dans les mêmes immeubles, mais les premiers investissant les appartements sur rue, les seconds les appartements sur cour, avec des escaliers différenciés[1]. Il y aurait encore de vingt à trente mille de ces cours d’immeubles dans Budapest.

 Le bar de l’Institut Français est transformé en aquarium dans lequel vous sirotez votre café sous les yeux des locataires qui entrent et sortent de leur logement. Ils doivent d’ailleurs s’étonner du nombre de poissons rouges qui nagent ce matin dans le bocal ! Juste retour des choses, cela permet aux visiteurs d'observer les déplacements des occupants de cette fourmilière : celui-là quitte son logement, sacoche à la main, pour aller au bureau, cette autre rentre des courses, le cabas plein de légumes, un couple range balai et serpillière… Peut-être cette architecture permet-elle aussi aux sociologues français de venir étudier les mœurs, les coutumes et le niveau de vie du petit peuple de Budapest comme on le fait des fourmilières ou des ruches d’abeilles ?

L'an 2000 aurait connu un vent nouveau dans la construction d’immeubles audacieux. Cela n’est pas vraiment sensible dans le cœur de la ville à l’exception du bâtiment de la place Vörösmarty qui accueille boutiques et bureaux. C’est une cage de verre simple et élégante aux formes légèrement incurvées, enserrée dans un maillage métallique diagonal.

Le temps restreint dont nous disposions ne nous a pas permis d’aller visiter les nouvelles réalisations architecturales qui investissent les alentours du centre comme le siège de l’entreprise d'assurance néerlandaise ING (2004). Le bâtiment ING (Dozsa Gyorgy útca 84c) est réparti en plusieurs volumes répondant aux différentes fonctions de l’entreprise et sont reliés entre eux par des coursives intérieures et des barres d’acier ; une façade asymétrique, penchée et déformée, s’oppose radicalement, mais avec souplesse, aux façades régulières et rectangulaires des immeubles environnants.

Le Magyar Autoklub (Berda József útca), de 2011, est un immeuble dont les bureaux sont enveloppés dans un long ruban d’un mètre d’épaisseur, sur sept étages, et ayant la forme générale de la lettre « a » ; le hall et les fonctions de service se trouvent au rez-de-chaussée, les deux façades latérales étant des murs rideaux. Le stade omnisports (Papp László Budapest Sportaréna, Stefánia útca 2) d’une capacité de 12 500 places a été construit par Bouygues en 2004 ; sa forme plate, arrondie, et sa couverture métallique lui donnent l’aspect d’un galet poli aux formes douces. Bálna-Budapest (Fővám tér, 11-12) a été réalisé par l’architecte néerlandais Kas Oosterhuis en 2013 ; sous une immense verrière allongée et bombée, intégrant des entrepôts en brique anciens, le lieu accueille un marché bio, des restaurants, bars, boutiques et la Nouvelle Galerie dédiée à l’art contemporain. Le Palais des Arts (Komor Marcell útca 1), ou « Müpa », a ouvert ses portes en 2005 ; c’est un bâtiment aux formes asymétriques, aux multiples facettes qui abrite un musée, une salle de concert et une de théâtre. A voir donc lors d’un prochain passage…