Les pays scandinaves sont différents – Ils demandent une étude de terrain approfondie !

 

Norvège Gala

Lançant une expédition dans des Terra totalement incognita, il nous apparait indispensable de prendre quelques précautions d’autant que, par hypothèse, la Norvège est très différente de notre beau pays, pays que tous nous envient vu qu’ils se jettent dessus chaque été comme la misère sur le pauvre monde ! Une expédition aussi intrépide exige donc une préparation minutieuse et l’étude de ses résultats, nécessite de croiser trois types d’approches et d’outils.

D’abord, mais cela est d’une telle évidence qu’il en rougit le traître : l’achat du Guide du Routard. Quel voyageur français oserait se risquer loin du clocher de son village sans cette bible ? Bible d’autant plus intéressante qu’elle se décline par pays, parfois même par ville, lui permettant d’atteindre un format de poche ce que l’autre bible a beaucoup de mal à effectuer, sauf à être écrite sur « papier bible », une épaisseur de papier néanmoins très peu commode en voyage car par trop fragile.

Seconde méthode d’approche de la région, l’étude sensible laquelle s’effectue au cours du voyage par l’intermédiaire de l’observation étonnée du milieu qui vous entoure. Troisième approche, souvent postérieure mais pas nécessairement, la fréquentation de la littérature locale qui doit permettre de confronter, confirmer, ou infirmer, les éléments des observations de terrain.

Pour mener à bien cette expédition nous disposons donc d’un « camp de base » en Norvège, à savoir le fruit de notre échange de « multipropriétaire ». Le camp de base proposé et finalement accepté est situé à Gålå (Aparté : le résultat de longs échanges d’onomatopées diverses avec les populations locales nous conduisent à penser qu’il convient de prononcer « Gaulau » et non « Gala », par suite sans doute d’un dialecte régional ? Cet étrange « å », a surmonté d’un petit cercle, nous a longtemps intrigué car nous ne l’avions encore jamais rencontré dans notre belle langue).

Bref, Gålå est situé quelque part dans l’Oppland, à 200 kilomètres au Nord d’Oslo. Au dire des populations autochtones, cette région serait le lieu de prédilection des trolls, de vilains petits lutins au long nez, plutôt pacifiques tant que l’on ne se moque pas d’eux. Nous sommes donc devenus virtuellement propriétaires, mais pendant un temps limité, d’une magnifique « hytte » (traduisons par chalet plutôt que par hutte), toute en bois, au toit engazonné et fleuri. Nous avons troqué nos 20 mètres carrés étriqués d’Avoriaz contre 80 mètres carrés des plus spacieux et confortables : magnifique cuisine équipée, salle à manger, salon avec coin cheminée, deux chambres, salle de bain… Manifestement, contrairement à nos appréhensions, les populations locales n’ignorent rien du confort le plus moderne. Je me demande néanmoins si les autochtones ne cherchent pas ainsi, avec cet étalage d’aisance et de luxe, à rabaisser notre beau pays, la quatrième ou cinquième puissance mondiale quand même !

Un bon campement de base donc pour mener à bien notre exploration. A la bible nous avons encore ajouté le Guide vert et le Guide Olizane, mais c’est plus le résultat d’erreurs de transmissions entre intrépides explorateurs qu’une mise en cause du Guide du Routard. Bien sûr, on ne met pas en cause une bible ! Le tout est complété d’œuvres des régionaux de l’étape : Selma Lagerlöf, Knut Hamsung, Tarjei Vesaas, Henrik Ibsen, Maj Sjöwall et Per Wahlöö… Nous nous sommes également procuré un moyen de déplacement à priori des plus fiables, un véhicule de marque allemande, une Audi A3[1].

Enfin, et ce n’est pas le moindre des avantages, nous constituons une équipe solide, tous volontaires, et aux compétences complémentaires. Une psychosociologue, spécialiste de l’étude des populations marginalisées ce qui apparaît essentiel pour l’étude des populations autochtones de ces lointaines contrées, également excellente cuisinière dans l’objectif d’assurer la survie du groupe en milieu difficile, un ingénieur spécialiste des systèmes agraires des pays tropicaux, compétence qui s’impose d’elle-même compte-tenu de l’exotisme de notre destination, enfin une linguistique distinguée, spécialiste des langues indo-européennes mais aussi fille de vigneron bourguignon ce qui doit permettre l’analyse de la consommation des boissons alcoolisées dont les populations locales usent de manière déconcertante (mais n’anticipons pas).


[1] A l’expérience, le matériel allemand ne s’est pas confirmé si fiable que cela puisqu’une des biellettes de direction de cette Audi A3 était cassée ! La réputation de fiabilité de ce constructeur allemand ne serait-elle pas surestimée ?

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