Des comportements particuliers - Parfois difficiles à comprendre

 

Norvège Urnes

Force est de constater que la représentation populaire qui veut que les Scandinaves soient grand(e)s et blond(e)s n’est pas dénuée de fondement, même si nous avons aussi pu observer des petits bruns voire des yeux bridés et même quelques scandinaves noirs. Mutations génétiques sans doute ?

Dans leurs contacts les populations locales font généralement preuve d’un grand calme et semblent peu volubiles. Ce grand calme, allié à un respect scrupuleux de la règle, se remarque particulièrement dans la circulation automobile. Il n’est manifestement pas question d’écorner aussi petitement que ce soit le code de la route. Ainsi, en Norvège, la vitesse maximale sur autoroute fixée à 90 kilomètres à l’heure est-elle parfaitement respectée. A l’entrée des villes, les Norvégiens ont l’étrange habitude de freiner brutalement au droit du panneau de limitation de vitesse pour être en parfait accord avec la loi ! Je ne dis rien des dépassements quasi impossibles compte tenu des routes sinueuses, des risques de traversée d’élans (un mythe parfaitement entretenu), de l’inexistence des voies multiples de circulation et de la présence quasi constante de lignes blanches. On s’étonne, on s’énerve… et puis on s’y fait, car c’est somme toute très reposant.

A Stockholm, nous avons également pu examiner comment les populations autochtones s’étaient emparées d’un jeu d’origine nationale : la pétanque. Si le décor était parfaitement respecté, une agréable placette sablée et ombragée, bordée de terrasses de cafés (lieux particulièrement rares sous ces latitudes), les acteurs jouaient étrangement leur rôle. D’abord, ils n’avaient ni l’âge, ni le sexe, des rôles de la tradition boulistique : trois jeunes gens dont deux filles ! Ensuite, le jeu des acteurs était « à minima » : pas de gestes larges, de rapides et amples déplacements, ni d’interpellations, d’envolées lyriques, de jurons ou d’altercations. Enfin, ils favorisaient nettement l’aspect technique : lancer la boule pour la rapprocher du cochonnet ou pointer et tirer, par rapport à l’essence même de cet art si particulier : la représentation de soi pour soi mais aussi pour les autres dans une mise en scène savante de sa relation aux autres. Au lieu de travailler cet aspect essentiel, ils travaillaient le mouvement du poignet, le geste du bras pour lancer la boule ! Bref, ils nous transformaient la pétanque en sport olympique et cela devenait tragiquement sérieux !

Inutile de préciser que Norvège et Suède sont parfaitement « clean », voire « Ganz nett », ce qui est tout dire, surtout avec l’accent alémanique d’un Suisse ! C’est nickel, ça brille comme un sou neuf de partout, il n’y a pas de ces petites zones incertaines, un peu floues, avec un peu de laisser-aller, il n’y a pas non plus de panneaux d’affichage et, bien sûr, pas de tags, d’affiches politiques ou syndicales, de slogans, de graffitis, de détritus… « Ganz nett », vous dis-je. Sauf à Oslo et Stockholm ! L’effet « grande ville » sans doute qui pervertit les peuples, annonce la décadence de la civilisation occidentale ? Ou peut-être n’est-il pas toujours facile de vivre dans un coucou suisse et le conformisme provincial est-il particulièrement pénible à supporter ? Alors la grande ville récupère, anonymement, tous ceux qui ne souffrent plus de devoir se mettre la tête au carré ?

Cela donne des choses assez étonnantes, par exemple à Oslo, lors d’une grande fête cérémonielle donnée en l’honneur du Dieu Soleil : dans le dialecte local : la « Summer parade ». Le fond musical est plutôt simple, très proche des mélopées les plus primitives, une sono à tout rompre qui diffuse des battement sourds sur un rythme totalement répétitif et dont la puissance devait permettre de couvrir tous les autres bruits de la ville dans un rayon d’un kilomètre. Cette fête relève d’une cérémonie initiatique pour les jeunes car il y a une très forte concentration d’adolescents tous revêtus d’accoutrements traditionnels. Pour les filles, le maillot de bain deux pièces en fourrure acrylique à poils longs dans des teintes affirmées : jaune canari, mauve cardinalice, vert gazon anglais, orange cuivrée. Ce deux pièces pouvant être accompagné d’un grand manteau en mailles dit « filet de pêcheur » et de bottes montantes, pour atténuer l’effet de la nudité peut-être ? A défaut, les jambières, les bracelets, les bottes en fourrure acrylique à poils longs sont également appréciés, toujours dans les mêmes teintes pétard. Pour honorer le soleil d’été certainement ? Pour les malheureuses n’ayant pu se procurer ces vêtements traditionnels, il existe néanmoins d’autres possibilités sur la base des vêtements modernes : jeans fendus jusqu’à la ceinture, T-shirts déchirés, sans compter toutes les possibilités de piercings et de tatouages. Mais tout cela bien lavé et bien propre quand même, marquant ainsi tout à la fois la volonté de rupture et le plus grand respect des traditions nationales ! Ganz nett quand même.

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