Des randonnées pédestres en montagnes douces – Et des témoignages historiques

 

Irlande Killarney National Park 1

Killarney est une petite ville touristique charmante. C’est une excellente base pour randonner dans le parc national voisin qui offre de nombreux sentiers que l’on peut parcourir à pied ou à vélo. C’est aussi un bon point de départ pour visiter les péninsules assez sauvages de Dingle et d’Iveragh.

La zone du Killarney National Park, a été modelée par des glaciers : formes douces, roches érodées et lissées par les coulées de glace, éboulis de pierres des moraines glaciaires.

Le Gap of Dunloe est un col étroit de montagne qui culmine bravement à 200 mètres d’altitude entre les Reeks (1038 mètres, le sommet le plus élevé d’Irlande) et les Purple Mountain (832 mètres). Il peut également être atteint en voiture par une petite route étroite, sinueuse, et pas toujours bien signalée ! La montée dans de vertes prairies laisse progressivement la place à des tourbières décorées de linaigrettes à feuilles étroites avec leurs inflorescences cotonneuses. Quoique l’altitude soit très modeste, pour ne pas dire même franchement ridicule, le paysage est celui de vieilles montagnes érodées, aux creux de vallées occupés par de petits lacs, dans un environnement sauvage.

A Killarney, le château de Ross Castle n’est pas moins intéressant. C’est une forteresse bâtie au XVe siècle par un chef de clan irlandais et elle représente ce qu’était la résidence fortifiée d’un petit noble irlandais. Point d’imposantes murailles enserrant une petite ville ou une résidence seigneuriale fastueuse, mais un donjon carré entouré d’un mur assez modeste défendu par des tours d'angle rondes et basses. L’essentiel de la structure défensive c’est le donjon qui est tout à la fois le lieu d’habitation du seigneur, de sa famille, de ses gardes et de ses serviteurs !

Le donjon est constitué d’une tour carrée, aux murs épais, comportant cinq étages ayant chacun une fonction précise. Le rez-de-chaussée, où sont situés les gardes en journée, sert à filtrer les entrées et à défendre le lieu : pont-levis, herse, fines meurtrières verticales, antichambre sécurisée, escalier en colimaçon construit dans le sens des aiguilles d'une montre pour gêner d’éventuels assaillants tenant leur épée dans la main droite.

Le premier étage était utilisé pour le stockage des vivres et des armes. Le second étage servait d’espace de vie pour les serviteurs et les gardes. Le troisième étage était consacré à la cuisine, la préparation des aliments et à la restauration du personnel. Le quatrième étage constituait l'espace de couchage et de vie du chef de clan et de sa famille. Cet étage possède un toit voûté de pierre supportant le plancher du cinquième étage alors que les étages inférieurs ont un plafond de poutres de bois. Le cinquième étage enfin était la salle de restauration, de réception et de divertissement du seigneur. En cas d’attaque, c’était aussi le dernier sanctuaire de défense avec son sol de pierre faisant coupe-feu dans l’éventuel incendie des étages inférieurs. Le parapet au niveau du toit est crénelé afin de permettre aux défenseurs de se protéger derrière les merlons tout en tirant des flèches sur les assaillants à travers les créneaux. Il comprend également deux mâchicoulis, l'un au droit de la porte du donjon et l’autre à l’arrière ; ces structures de pierre faisant saillie sur la paroi avec un trou au sol permettaient aux défenseurs de lancer des pierres ou de verser de l'huile bouillante sur leurs assaillants.

Malgré une apparente modestie de la place forte, Ross Castle fut l’un des derniers châteaux à se rendre aux « Roundheads » (les « têtes rondes ») d'Oliver Cromwell pendant la Guerre de Onze Ans, de 1641 à 1653, une guerre civile qui opposa les Irlandais de confession catholique aux colons britanniques protestants et à leurs partisans d'Angleterre et d'Écosse. L’armée anglaise, composée de 4 000 hommes et de 200 cavaliers, assaillait le château. L'arrivée de renforts d'artillerie par voie fluviale fit croire aux défenseurs que se réalisait une prophétie laquelle prédisait que la forteresse ne tomberait jamais, sauf si une attaque était lancée à partir du lac. La garnison se rendit alors sans combattre !

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