Rome étrange

 

1 Le palais Zuccari – 2 San Carlo al Corso – 3 Piazza in Campo Marzio – 4 Piazza Vittorio Emanuele II – 5 Le ponte Milvio – 6 Santa Maria della Concezione dei Cappuccini– 7 La centrale Monte Martini – 8 La Scala Santa – 9 Le « district Coppedè » - 10 Pasquino - 11 Le poussin de la Minerve – 12 Les madonnelles – 13 Piazza Sant’ Angelo – 14 Basilique Santa-Sabina – 15 Le cimetière « a-catholique »

 

Choix difficile que celui d’un qualificatif associé à Rome pour présenter des sites qui sortent de l’ordinaire ! Rome « merveilleuse » ? Mais le merveilleux est présent partout à Rome. Ici ce sont des madonelles qui, le 9 juillet 1796, auraient manifesté des mouvements oculaires, voire même auraient pleurées face aux succès des armées de la nouvelle République française en Italie ! Ailleurs, ce sont des images saintes qui se sont mises à saigner : la « Madonna Vallicelliana » saigne, en 1535, après avoir été blessée par un caillou, de même l’image de la Vierge de Sant' Andrea des Acquarenari. A Santa Maria dei Monti c’est une madonelle parlante qui supplie des ouvriers démolissant un mur de ne pas blesser l'enfant… Il y a aussi les bœufs touchés par la grâce : suite au décès du pape Martin V, son corps fut chargé sur un catafalque tiré par des bœufs qui se dirigèrent vers Saint-Jean-de-Latran où les portes s’ouvrirent et les cloches se mirent à sonner toutes seules, les bœufs s’agenouillant devant l’autel de la basilique. Santa Maria in Campo Marzio a été fondée quand un groupe de sœurs fuyant la persécution iconoclaste du VIIIe siècle se serait réfugié à Rome ; le char transportant les reliques s’étant embourbé sur le Champ de Mars, les contemporains y virent une intervention divine pour les accueillir. Il n’y a pas de quartier de Rome où ne puisse être évoquées des manifestations merveilleuses !

A contrario, le fantastique est peu présent à Rome, à l’exception du fantôme de Béatrice Cenci qui traverse le pont sant’Angelo chaque année le 11 septembre. Le « fantastique » est affaire des pays du Nord de l’Europe, pas des pays du Sud plus portés vers le « merveilleux ». Car entre fantastique et merveilleux il y a une différence de taille, celui de l’admiration ! Une madonnelle qui pleure peut être merveilleuse, une Béatrice Cenci, toute jolie qu’elle soit, n’est que fantastique avec sa tête sous le bras.

Mais ce n’est pas tant le merveilleux dont il sera question que de l’insolite, du différent, du particulier. Insolite serait un excellent qualificatif si un éditeur n’avait déjà produit un remarquable ouvrage sur « Rome, insolite et secrète »[1]
. Alors ? Rome étrange et curieuse ?